I. Dialogue... VII, i ss
20 SALNT JUSTIN.
prodiges destinés à glorifier les esprits d'erreur. C'est une de ses théories favorites vers laquelle nous ramèneront les Apologies. Elle lui sert des à présent a indiquer une règle que Pascal formulera plus tard : a Les miracles discernent la doctrine, et la doctrine discerne les miracles. » Témoin de phénomènes extraordinaires qui sollicitent son attention, l'âme qui a déjà une idée élevée de Dieu et confiance dans le Père, ne s'arrêtera pas un seul instant h des prodiges vrais ou prétendus qui tendraient à diminuer ce qu'est Dieu pour nous et ce que nous lui devons. Et si elle n'a pas déjà cette haute estime et comme ce désir de Dieu, il est à craindre que les miracles ne frappent en vain ses yeux ou ses oreilles. Le vieillard avait compris où en était Justin, et qu'il n'hésitait plus entre Dieu et les démons. Il ne restait plus qu'à le livrer à la grâce, qui l'avait éclairé déjà, qui allait aussitôt achever son œuvre. Quand le vieillard fut parti, dit Justin, « un feu subitement s'alluma dans mon âme; je fus pris d'amour pour les prophètes et pour ces hommes amis du Christ; et réfléchissant en moi-même à toutes ces paroles, je trouvai que cette philosophie était la seule sure et utile ^ ».
Cette philosophie! On a peine à retenir un sourire. Ne dirait-on pas, à juger par ce m.ot, que Justin a annexé le christianisme à la philosophie de Platon, ou qu'il a tout au plus changé encore une fois de philosophie?