I. Voir Lagrange. Le Messianisme..., p
Jérusalem sur toute la terre, pour dire qu'une hérésie impie, celle des chrétiens, était apparue, et nous accuser de toutes ces choses que ceux qui ne nous connaissent pas répètent contre nous... Vous n'avez pas le pouvoir de porter la main sur nous, grâce à ceux qui maintenant nous gouvernent; mais chaque fois que vous l'avez pu, vous l'avez fait^. »
Un chrétien pouvait être tenté, avouons-le, de rompre complètement avec cette race dont les espérances paraissaient déjGnitivement déçues ; à ce moment la défense de circoncire d'autres enfants que les leurs ^ les reléguait dans l'isolement moral où les poursuivait le mépris public.
Mais quel danger pour la foi chrétienne, telle que l'avait prêchée saint Paul, fidèle disciple de Jésus, si cet éloignement et cette répugnance s'étendaient de la secte à la Loi qui était toute sa force et le secret de cette perpétuité ! Ce fut sur cette pente que Marcion s'emporta, niant toute solidarité entre les chrétiens et les juifs, refusant au Dieu d'Israël le culte qu'il rendait au Christ. Et l'auteur de l'épître à Barnabe est bien près de sacrifier le sens littéral de la Loi; elle ne vaut pour les chrétiens que comme figure.
Ce n'est point la doctrine de Justin. Fidèle à la tradition de l'Eglise, éclairée par les paroles et la pratique de Jésus, il tient la Bible pour inspirée et assigne à la Loi une origine divine. Il peut