Dialogue, XVI et XVII
2. Avec des exceptions très surveille'es pour les sacerdoces égyptiens.
donc échanger des idées avec un juif, en prenant pour base le même fondement divin des Ecritures. Il n'est que de les interpréter et de les bien comprendre, avec la grâce de Dieu, pour s'unir dans la profession de foi : un seul Dieu, un seul Christ ou Messie, une seule Éghse.
Qui ne croirait cette tâche relativement facile? Quand nous parlons à un incroyant de nos jours, nous ne lui présentons d'abord la Bible que comme un argument de crédibilité à cause des prophéties qu'elle renferme et des miracles dont elle est témoin. Il sait cependant que devenu chrétien il devra croire h l'inspiration de toute la Bible, et ce n'est pas pour lui, trop souvent, une petite difficulté. Le juif qui reçoit l'Ancien Testament, qui se vante de nous l'avoir donné, n'at-il pas fait déjà la moitié du chemin?
Et cependant, dès le temps de Justin, dès le temps des apôtres, tandis que les gentils venaient à l'église, toujours plus nombreux, les juifs, d'abord ébranlés par les prédications de Pierre, s'étaient définitivement refusés à demander à Jésus-Christ le salut.
Cet endurcissement, qui arrachait à saint Paul un cri de douleur fraternelle, est un des problèmes les plus ardus de l'histoire de l'Église. Il est nécessaire de dire ici quelques mots des difficultés de croire innées à l'âme juive, pour savoir si Justin a bien dirigé ses efforts et si ses traits charitables ont pénétré dans le joint.
Il serait trop aisé de ne mettre en cause que l'orgueil et l'obstination de la race. Il faut en
tenir compte, et peut-être cette raison, dont les juifs ne se doutent pas, en dépit des prophètes, est-elle la principale. Leur faute est une faute de l'esprit, celle qui ressemble le plus à la chute des anges, ou h ces apostasies des moines rompus h l'ascèse, dont frémissait le désert. Longtemps ils ont été les seuls a connaître et h adorer le vrai Dieu. Les exigences de sa morale les rendaient supérieurs aux gentils, qui vivaient trop souvent, si l'on ose le dire, comme de gentils animaux. Le juif eût dû compatir; il méprisait. Dieu était son Dieu, mais à lui seul. Lui était son peuple, et prétendait être le seul. Les gentils pouvaient être sauvés, et Tryphon le reconnaît expressément, mais sans doute à la condition qu'il impose à Justin lui-même : « Fais-toi d'abord circoncire, observe ensuite, comme de droit, Je sabbat, les fêtes, les néoménies ; en un mot, accomplis tout ce qui est écrit dans la Loi, et alors sans doute obtiendras-tu de Dieu miséricorde^. »
En d'autres termes : deviens juif comme nous, dans la mesure du possible. Et c'était déjà beaucoup de condescendance de la part du juif, une condescendance temporaire, car on espérait mieux pour les jours du Messie. Les conversions, alors obtenues par la force, auraient moins de mérite, et les gentils seraient trop honorés de servir les juifs, leurs seigneurs.
Or saint Paul avait dit : ni juifs, ni gentils; la