‹ Saint Justin, philosophe, martyrChapitre 23 sur 106 · I. Dial Vllt · texte numérisé non relu

I. Dial Vllt

COxXTRO VERSE AVEC LES JUIFS. 37

Ce sont bien là les trois objections essentielles du judaïsme. Sans doute, lorsqu'il prend l'offensive, il cherche dans tout le dogme chrétien, dans toute l'histoire de l'Eglise, le thème de ses attaques. Mis en demeure de donner ses raisons h lui, il révèle celles-là qui retiennent les urnes, fussent-elles attirées par les beautés du christianisme. Et c'est ce que Justin a parfaitement compris. C'est sur ces trois points que porte toute la controverse.

Il sera facile de lui reprocher de confondre quelques dates, de bloquer certains textes, d'exagérer la valeur des arguments tirés du symbolisme de l'Ecriture. Mais avant de procéder à ces chicanes, on devra rendre justice à la justesse de son coup d'œil. Ayant voulu une discussion sérieuse, il écarte d'emblée tout malentendu. Tryphon n'est point dupe des calomnies grossières que ses coreligionnaires, d'après Justin, semaient eux-mêmes parmi les païens ; s'il critique le christianisme, ce n'est pas que sa morale soit inférieure, c'est plutôt parce qu'elle exige trop des forces humaines : « Je sais que vous avez dans ce qu'on appelle l'Evangile des préceptes si grands et si admirables, que je soupçonne bien que personne ne peut les suivre ; car ]'ai pris soin de les lire^ » Mais le premier et le principal grief est aussitôt formulé : « Tandis que vous mettez votre espoir en un homme qui a été crucifié, vous espérez en même temps quel-

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