‹ Saint Justin, philosophe, martyrChapitre 24 sur 106 · I. Dial X · texte numérisé non relu

I. Dial X

que bien de Dieu, sans observer ses commandements ^ » Négliger de pratiquer la Loi, c'est abdiquer le culte du vrai Dieu.

La réponse de Justin atteint du premier coup le point précis : ce qui est immuable, c'est le culte du Dieu d'Israël, qui est le vrai Dieu ; mais Luimême a annoncé par ses prophètes une nouvelle alliance. Cela ne pouvait être mieux dit que dans ces termes :

« Il n'y aura jamais d'autre Dieu, Tryphon, et il n'y en a pas eu d'autre depuis les siècles, que celui qui a fait et ordonné cet univers. Nous ne pensons pas que Dieu soit pour nous autre que pour vous ; il est le même qui a fait sortir vos pères d'Egypte « par sa main puissante et son bras (( élevé )). Nous ne mettons pas nos espérances en quelque autre, il n'y en a pas; mais dans le même Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. » — Voilà la perpétuité de la religion sur la terre, le lien éternel entre les deux Testaments, en dépit des antisémites exaspérés qui regrettent, à la manière de Marcion, que le christianisme ait soudé ses destinées à la Bible. Et voici la suite de la religion selon les vues de Dieu : a Mais ce n'est pas par Moïse ou par la loi que nous espérons, car alors nous ferions comme vous. J'ai lu, au contraire, Tryphon, qu'il y aurait une loi finale et une alliance la plus importante de toutes : c'est celle que doivent maintenant observer tous les hommes qui prétendent à l'héritage de Dieu. La loi de

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THoreb, c'est déjà la loi ancienne, et la vôtre à vous seuls ; celle-ci est pour tous absolument. Mais une loi qui va contre une loi abroge celle qui la précède, et une alliance conclue après une autre Tannule de même. Pour nous, le Christ nous a été donné, loi éternelle et finale, pacte assuré après lequel il n'y a plus de loi, ni de préceptes, ni de commandements. N'as-tu pas lu ce que ditlsaïe? « Ecoutez-moi, écoutez-moi, ô mon « peuple, rois, prêtez l'oreille, car une loi sortira « de moi avec mon jugement, pour la lumière des (( nations. Ma justice s'approche rapidement, mon (c salut sortira, et les nations espéreront en mon « bras^ » Et parla bouche de Jérémie aussi, il est dit de celte nouvelle alliance : « Voici, des jours (( viennent, dit le Seigneur, et je conclurai avec la (( maison d'Israël et la maison de Juda une nonce velle alliance, et ce ne sera pas la même que (( celle de leurs pères, le jour où j'ai pris leurs (( mains pour les faire sortir du pays d'Egypte^. » L'idée d'une alliance nouvelle se transmettait à tous les chrétiens avec le souvenir de la dernière Gène du Christ^. Justin la tenait donc de la tradition et de l'enseignement de saint Paul. Il lui donne une expression saisissante et l'appuie sur deux textes bien choisis. Celui de Jérémie sera toujours classique. Celui d'Isaïe est moins topique dans le texte hébreu que dans la version grecque. Mais il

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