Luc, xxir
•10 SALNT JUSTIN.
est si évident, dans toute la seconde partie d'Isaïe, que Dieu a réservé son serviteur pour une œuvre nouvelle, destinée à la fois à Israël et aux nations, qu'on ne peut l'entendre de la simple promulgation aux nations de la Loi donnée jadis à Israël. Aussi Justin n'était-il pas moins bien inspiré en citant encore Isaïe : (c Écoutez mes paroles, et votre ame vivra, et j'accomplirai pour vous une alliance éternelle, les assurances sacrées données a David ^ » Le nom de David évoquait ici l'image glorieuse du Messie.
Ces promesses étaient inspirées à un prophète de la race d'Israël ; elles furent prononcées devant des Israélites. Israël devait donc occuper toujours le devant de la scène, comme objet de l'amour de Dieu, comme instrument de ses miséricordes. Il ne pouvait en être autrement, tant que les voiles de l'avenir n'étaient pas levés. Jésus disait encore à la Samaritaine : « Le salut vient des Juifs ». Mais quelle différence entre les pages du Dcutéronome, adressées aux seuls Hébreux, et celles du livre d'Isaïe! Israël est toujours le bien-aimé, mais les nations lui sont unies dans les desseins de Dieu; elles sont, aussi bien que lui, le terme de ses complaisances. Or ce temps était venu. On avait conscience, au sein du christianisme, de l'aspect nouveau qu'avait pris l'œuvre de Dieu dans le monde : les juifs, attachés à la loi cérémonielle et réduits à l'impuissance de la pratiquer puisque l'accès du Temple leur était interdit,