‹ Saint Justin, philosophe, martyrChapitre 27 sur 106 · Dial,.. XXIir · texte numérisé non relu

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loi était adaptée aux bonnes qualités des Israélites pour les développer, comme k leurs fâcheuses inclinations pour les réprimer. Et cette adaptation à un peuple et à un temps déterminés indiquait assez qu'elle n'était pas assez large pour convenir h tous les hommes et a tous les temps.

Justin est sur une meilleure voie lorsqu'il fait naître du repos sabbatique une sorte d'obligation de penser davantage à Dieu. Au milieu de peuples incapables d'honorer la divinité autrement que par les sacrifices, offrir des sacrifices à Jéhovah, c'était satisfaire aux besoins religieux sans recourir aux rites païens.

L'interdiction de certains aliments, toujours d'après Justin, exigeait une docilité qui avait son mérite, et rappelait encore la présence de Dieu jusque dans le boire et le manger. Le but de la circoncision était indiqué dans l'Ecriture ellemême : constituer les descendants d'Abraham et de Jacob comme un groupement distinct, toujours reconnaissable. Justin est un peu dur, et assez mal avisé, quand il oppose à ses adversaires leur misérable état de persécutés.

L'isolement des Juifs a tourné contre eux, et le signe qui les marque permet de les frapper à coup sûr. I^a circoncision, dit Justin, vous a été donnée pour que votre pays devienne un désert, que vos villes soient consumées par le feu, et que personne d'entre vous ne monte à Jérusalem, a Car on ne vous reconnaît parmi les autres hommes à rien d'autre qu'alla circoncision de votre chair. Aucun de vous, je pense, n'osera nier que Dieu

ne savait pas et ne sait pas par avance les événements à venir, et qu'il prépare à l'avance pour chacun ce qu'il mérite ^ . »

Gomment l'apologiste n'a-t-il pas senti que cet argument pouvait être rétorqué contre le christianisme? Pleinement convaincu que Dieu ne voulait plus désormais de ces distinctions charnelles et nationales, il suggérait aux Juifs de ne pas s'exposer, par leur obstination, aux sévices des Romains. Peut-être aussi pensait-il que l'épreuve n'a pas le même sens pour tout le monde.

Le chrétien s'attend a souffrir ici-bas, à l'imitation du Christ, pour entrer dans sa gloire. Le juif, fidèle, prétend avoir droit dès ce monde au secours de Dieu. Si donc l'épreuve se prolonge, malgré la ponctualité de tout le peuple à remplir ses devoirs religieux, c'est qu'il a commis un crime plus offensant pour Dieu que l'antique idolâtrie : « Vous avez tué le juste,... et maintenant vous repoussez perfidement ceux qui espèrent en lui et celui qui l'a envoyé, le Dieu tout-puissant et auteur de l'univers-. »

C'est en effet vers ce juste que convergeaient tous les anciens rites. La meilleure preuve qu'ils sont maintenant abrogés, c'est qu'ils n'étaient que la figure des réalités possédées par les chrétiens. Voilà donc, d'après Justin, la seconde raison d'être de la loi cérémonielle. Saint Paul l'avait déjà dit : l'histoire des Hébreux était une figure

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