‹ Saint Justin, philosophe, martyrChapitre 30 sur 106 · I. Dial.,, XII · texte numérisé non relu

I. Dial.,, XII

choses »! C'était se retirer dans le refuge que les rabbins jugeaient inaccessible. Les rares traces de polémique qu'on retrouve dans leurs écrits ont trait à ce point. Tout indice de pluralité relevé dans la Bible à propos de Dieu leur créait quelque malaise. Ne supposaient-ils pas que Moïse lui-même avait hésité a écrire au nom de Dieu : <c Faisons Thomme ! » « Seigneur du monde, s'était-il écrié, tu donnes en ce moment un bon prétexte aux hérétiques; j'en suis étonné! Mais Dieu lui répondit : Écris! et que celui qui aura fantaisie de se tromper se trompe*. » Néanmoins on cherchait k expliquer certains passages dont les hérétiques — lisez les chrétiens — concluaient qu'il y avait un autre pouvoir que celui du Dieu Créateur. Les juifs avaient paré l'objection en plaçant à côté de Dieu une grande créature, associée h son pouvoir, qu'ils nommaient le Mètatrôn^ « assis sur un trône à côté de Dieu ». Mais Justin prétendait davantage : le Fils de Dieu était vraiment Dieu. Et, ne disposant pas enct^re des termes fixés par les Conciles, n'ayant pas appris à distinguer entre la personne et la nature, il disait « un autre Dieu », tout en affirmant, avec la même énergie que Tryphon, l'unité essentielle de Dieu. C'était, avec moins de précision, croire ce que nous croyons encore.

Mais comment établir cette foi, uniquement d'après les Écritures de l'Ancien Testament? La tâche n'est pas aisée, et guère moins celle de faire

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