I. Actes des yt pâtres, xv, 9.8 s
(iO SAINT JUSTIN.
fessaient Jésus comme le Messie, sans l'adorer comme Dieu. Sous une forme très courtoise, Justin se sépare d'eux : « Je ne suis pas de leur avis, et le plus grand nombre de ceux qui ont embrassé la même opinion que moi (c'est-à-dire des chrétiens), ne le diraient pas non plus; car ce n'est pas à des enseignements humains que le Christ lui-même nous a ordonné d'obéir, mais à ceux que les bienheureux prophètes ont annoncés et qu'il nous a appris^. » C'était dire clairement que la divinité du Christ, dogme enseigné par les prophètes et le Christ lui-même, ne devait pas être sacrifiée a des répugnances de l'ordre humain 2.
Ces Juifs ne sont donc pas de vrais chrétiens, et ne seront pas sauvés, non plus que les Juifs qui refusent de faire un seul pas vers la religion de Jésus-Christ.
Mais voici une nouvelle préoccupation de Tryphon ; elle s'exprime encore par une digression. Le sens naturel des prophéties messianiques est incontestablement d'annoncer une ère de bonheur national temporel. Tant qu'on n'accorde pas cela aux Juifs, on n'a pas chance de les convaincre. Quelques chrétiens avaient fait des avances dans ce sens. Tryphon se demande si elles sont sérieuses : « Dis-moi, est-ce réellement que vous professez que l'emplacement de