I. nial...XLVlU
1. M. Harnack traduit : < Quoi qu'en disent tant et tant », mais il reconnaît que Pautre traduction est peutêtre exacte. Elle l'est certainement.
Jérusalem sera rebâti? Que vous espérez que votre peuple s'y réunira et s'y réjouira avec le Christ, et en même temps avec les patriarches, les prophètes, les saints de notre race? »... et craignant sans doute l'impression qu'un pareil tableau pourrait faire sur les siens, il ajoute non sans insolence : a Ou bien est-ce encore pour paraître l'emporter sur nous que tu t'es réfugié dans cette déclaration i? »
Ce soupçon de dissimulation offense Justin. Rien n'était plus contraire à la droiture de son caractère : (( Je ne suis pas assez misérable, Tryphon, pour dire autrement que je pense. » Pourtant la question était embarrassante. Parmi les chrétiens, tous n'étaient pas du même avis. Les uns goûtaient peu ce bonheur plantureux dans l'au-delà, semblable à celui de la terre. D'autres se croyaient liés par l'exégèse trop littérale d'un passage de l'Apocalypse de saint Jean^; Justin était de ceuxlà. Sans condamner les premiers, il croit que son opinion est la plus orthodoxe : « Pour moi, et les chrétiens d'orthodoxie intégrale, tant qu'ils sont, nous savons qu'une résurrection de la chair arrivera pendant mille ans dans Jérusalem, rebâtie, décorée et agrandie, comme les prophètes Ézéchiel, Isaïe et les autres l'affirment^ ». Cette chimère, qu'on nomme le millénarisme, n'appartenait certainement pas à la tradition ;