I. I Apol. xvri
'2. ï ApoL. xïi.
Si le pouvoir n'y consent pas, les chrétiens sauront mourir. Point de révolte; les chrétiens sont des sujets soumis et ils ont hâte de confesser leur foi^. Mais il faut du moins que les empereurs entendent les mâles paroles de ceux qui ne sacrifient leur liberté qu'à Dieu : a II semble en vérité que vous craigniez de voir tout le monde vertueux, et de n'avoir plus sur qui sévir. Ce serait vous conduire en bourreaux et non en bons princes. Tout cela, nous en sommes convaincus, est l'œuvre de ces mauvais génies qui se font offrir par les insensés des sacrifices et des adorations. Mais vous, qui aimez la piété et la sagesse, nous ne supposons pas que vous soyez si peu raisonnables. Si, comme la foule aveugle, vous sacrifiez la vérité à la coutume, déployez votre puissance. Mais les princes eux-mêmes, quand ils sacrifient la vérité à l'opinion, ne sont pas plus forts que des brigands dans le désert 2. » Le dernier trait est vif, mais Justin dit plus encore. Pourquoi les Césars ne seraient-ils pas, comme les autres, jugés selon leurs œuvres? Bien mieux, étant plus puissants, ils seront examinés plus sévèrement : ((Si, malgré nos prières, et bien que nous exposions tout au grand jour, vous nous dédaignez, nous n'aurons rien à en souffrir ; car nous croyons et fermement que chacun, selon ses œuvres, sera puni dans le feu éternel et que nous rendrons compte à Dieu dans la mesure des pou-