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voirs que nous aurons reçus de lui^ », et plus directement encore : « Vous ne pouvez que nous tuer. Ce ne sera pas pour nous un dommage; mais vous et tous ceux qui nous haïssent injustement, si vous ne vous repentez, vous serez voués au feu éternel 2. »
Cette fière revendication de la conscience toucha-t-elleAntonin? Ce prince, bon et d'un caractère calme, qiti mourut en donnant au tribun comme mot d'ordre : égalité d'âme, œquanimitas ^ qui n'était religieux que pour remplir ses devoirs de grand pontife, eût été choqué sans doute de cette conviction si vibrante et si osée. Il s'était fait une règle de ne point s'écarter de la tradition fondée par Trajan, et n'en serait pas sorti à cause des menaces d'un simple pétitionnaire. Marc-Aurèle, plus impressionnable, eut reconnu à ce ton ces bravades qui lui déptaisaiefnt. Lui aussi s'armait de courage pour bien mourir. Mais il faut, disait-il, « que cette disposition ne soit pas FefFet d'une simple obstination, comme chez les chrétiens; que l'âme se décide après réflexion, avec gravité. . . , et sans étalage tragique^ ». Persuadé que l'âme se dissout avec le corps, il lui était odieux qu'on s'attaquât à des esprits moins bien trempés que le sien, « qu'on effrayât les esprits légers des hommes d'une terreur superstitieuse envers la divinité^ ».