‹ Saint Justin, philosophe, martyrChapitre 48 sur 106 · SAINT JUSTIN APOLOGISTE : LES PAÏENS ET LE CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

SAINT JUSTIN APOLOGISTE : LES PAÏENS ET LE CHRISTIANISME

On a beaucoup reproché à saint Justin le désordre de sa composition. Il est incontestable qu'il se répète. Mais il a toujours pour cela quelque raison. C'est ainsi qu'il s'est cru obligé, dans sa défense des chrétiens, d'esquisser leur doctrine, afin de prouver qu'ils ne méritent pas les sévérités du pouvoir. Et il n'était pas mal à propos, en somme, avant d'entamer la démonstration chrétienne, de rappeler que les chrétiens n'adoraient qu'un seul Dieu, qu'ils croyaient à l'immortalité de l'âme, à la résurrection des corps, à la justice de Dieu, et à des sanctions éternelles. Il est, plus sûrement encore, d'une méthode prudente, avant d'en venir à des raisons décisives de croire, de rendre l'auditeur sympathique au christianisme, de lui suggérer qu'il est déjà disposé à croire, qu'il retrouvera dans sa foi nouvelle le meilleur de sa foi actuelle, en éliminant ce qu'elle a d'imparfait ou de notoirement

faux, pour adhérer avec plus de raison à une vérité plus pure. Et c'est ce qu'a fait Justin dans une sorte de discours préliminaire en trois parties.

C'était d'abord honorer le christianisme que d'exposer l'heureux changement survenu dans les mœurs des convertis.

Le dogme de la rétribution future est de ceux qui peuvent s'appuyer sur une croyance universelle.

Justin se réservait de montrer dans un troisième point que la philosophie et le paganisme adhéraient h des croyances qui pouvaient servir à mieux comprendre l'exposition de la foi chrétienne.

De nos jours on accorderait plus d'importance a la morale chrétienne, comme preuve du christianisme. Les penseurs les plus indépendants constatent d'eux-mêmes que « la morale laïque ne s'est pas encore constituée de façon solide et indéniable )> ^. Et certes, c'est le moins qu'on puisse dire! M. Fernand Gregh en conclut que nous paraissons pris dans le même dilemme que les Romains du iv^ siècle. On en dirait autant du second siècle : « ou la foi ou l'anarchie ». Et sans même toucher cette preuve sociale, cette nécessité pour un peuple qui ne peut avoir d'autre foi religieuse que le christianisme, de l'embrasser ou de se dissoudre, l'âme qui cherche Dieu s'attend à trouver quelque chose de sa bonté

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