‹ Saint Justin, philosophe, martyrChapitre 51 sur 106 · I. I Apol, XIV · texte numérisé non relu

I. I Apol, XIV

aYOîîs, nous le partageons avec les pauvres. » Et il ajoute, faisant allusion a ce mépris de la vie humaine si étonnant pour nous au sein d'un peuple civilisé : « Les haines et J^s meurtres nous divisaient, la différence des mœurs et des institutions ne nous permettait pas de recevoir l'étranger à no^tre foyer; aujourd'hui, après la venue du Christ, nous vivons ensemble, nous prions pour nos ennemis, nous cherchons à gagner nos injustes persécuteurs, afin que ceux qui suivront les sublimes préceptes du Christ puissent espérer la même récompense que nous, de Dieu, le maître du monde. » Et avec sa naïveté d'honnête homme : « Ne pensez pas queJ:nous voulions vous tromper^. » Justin a étéjplus hardi encore quand il a dit : (( Autrefois, nous prenions plaisir à la débauche ; aujourd'hui! la chasteté fait toutes nos délices 2. »

Sur ce point spécial de l'immoralité païenne, saint Paul a dit le Tnécessaire dans l'Epître aux Romains. Aussi bien les païens ont été sincères, et ont ravi d'avance aux curieux le triste avantage de découvrir leurs vices. ^Ils n'ont pas dissimulé à quel dieu ils ont rendu le plus d'hommages. Peut-être, aux origines, quand le foyer était sacré, tel emblème évoquait-il avant tout la loi imposée à l'humanité de se perpétuer. Mais depuis longtemps, dans les processions publiques, la Vénus céleste avait cédé le pas^à l'autre, la Vénus popu-

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