‹ Saint Justin, philosophe, martyrChapitre 54 sur 106 · I Jpol. XVIII · texte numérisé non relu

I Jpol. XVIII

un enseignement souverainement moral qui n'est pas plus difficile à croire. Bien plus « nous ne faisons — entendez dans la mesure des ressemblances signalées, — nous ne faisons que ce que font les Grecs, et seuls nous sommes haïs pour le nom du Christ... Partout, on peut adorer des arbres, des fleuves, des rats, des chats, des crocodiles, des animaux de toute espèce, et ce ne sont pas les mêmes qui sont adorés par tous : chacun a son dieu, et tous se traitent réciproquement d'impies parce qu'ils n'ont pas le même culte. La seule chose que vous puissiez nous reprocher, c'est de ne pas adorer les mêmes dieux que vous [et de ne pas rendre de culte aux morts], de ne pas offrir sur les tombes des libations, la graisse des victimes, des couronnes, des sacrifices*... »

En rappelant le culte des bêtes, auquel l'Egypte s'abandonnait alors avec plus de passion que sous les anciens Pharaons, Justin n'accuse pas les Grecs d'une pareille dégradation religieuse, il reproche au public son injustice. C'est la suite de son argument. Les Grecs et les Romains, tolérants pour le culte des bêtes, ne devraient-ils pas se laisser gagner à une histoire vraie et presque contemporaine ?

Ils y retrouvent quelques-uns des traits miraculeux qui leur ont ailleurs paru plausibles, mais elle est aussi digne de Dieu, aussi inspiratrice de sainteté, que la mythologie était infâme et corruptrice. Faites donc comme nous, a nous qui

Page 1