‹ Saint Justin, philosophe, martyrChapitre 55 sur 106 · I. I Apol. XXI · texte numérisé non relu

I. I Apol. XXI

adorions autrefois Dionysos, fils de Sémélé, et Apollon, fils de Latone, dont il serait honteux seulement de dire les passions contre nature, Perséphone et Aphrodite, dont vous célébrez dans vos mystères l'amour pour Adonis, Asclépios et tous ces prétendus dieux, nous avons, au péril de notre vie, renoncé à ce culte pour Jésus-Christ ; nous nous sommes consacrés au Dieu non engendré et impassible ^ ».

Pour un peu il leur dirait que ce Dieu est le véritable Zeus, maître souverain et créateur du monde 2, mais son honneur est mis à l'abri de compromissions louches, ses attributs de sainteté et de justice adorés dans la lumière inaccessible de son unité, de sa divinité qu'il ne partage avec personne.

C'est ainsi que le bien et le mal même, pourvu qu'il soit démasqué, ce que l'humanité religieuse a cru avec raison, comme ce qu'elle condamne dans son for intérieur, les erreurs reconnues, comme les pressentiments obscurs, et surtout l'admirable changement moral déjà opéré, tout doit disposer les âmes à écouter les preuves positives de la divinité du christianisme.

Insensiblement, sans être avertis, par un artifice littéraire que Cicéron recommandait, mais que Justin a sûrement pratiqué sans le savoir, nous semblons arrivés au cœur de l'Apologie. Et pourtant nous sommes encore retenus sur le seuil.

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