‹ Saint Justin, philosophe, martyrChapitre 56 sur 106 · I Jpol. XXI · texte numérisé non relu

I Jpol. XXI

Encore une précaution pour sauver la dignîté de rame humaine! Ces turpitudes de la mythologie, que Tapologîste chrétien devait signaler, mais qu'il n'a pas décrites, cette aberration qui consiste à prêter aux dieux ce que les hommes punissent et dont ils rougissent, à revêtir des charmes de la poésie, à faire réciter aux enfants ce qu'on devrait interdire d'imiter, tout cela est indigne de la raison. Si l'homme est coupable, c'est comme le complice qui se laisse entraîner; les vrais coupables, responsables de tout le mal, ce sont les démons. Raison décisive de fuir leurs pièges.

Voilà encore, semble-t-il, une singulière apologétique. Était-ce gagner l'esprit des païens que de leur dire : les dieux que vous implorez comme bons sont des génies malfaisants, et ce culte, dont vous attendez le salut, n'est qu'une institution de ces ennemis qui vous trompent? Ce serait, de nos jours, aggraver la difficulté de croire. Mais du temps de saint Justin les esprits étaient préparés à cette solution. C'était en partie celle de Plutarque.

Et d'abord la croyance aux démons était aussi ferme que la croyance aux dieux, sinon davantage. Platon leur avait fait une place dans l'univers, intermédiaire entre les dieux et les hommes ^ Tandis que la bonté était l'attribut essentiel des dieux, les démons n'étaient ni bons, ni mauvais, et le même être pouvait être secourable

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