‹ Saint Justin, philosophe, martyrChapitre 58 sur 106 · De deo Socratis · texte numérisé non relu

De deo Socratis

3. Porphyre, />e abstinenûia, LI, 4^, parlera comme saint Justin des cle'mons : « le mensonge leur est propre; en eflel ils veulent être des dieux et la puissance qui les préside veut passer pour le Dieu très grand » .

c'est que les dieux n'étaient que des démons.

Sans se soucier des raisons d'ordre physique ou religieux qui ont déterminé les philosophes à les mettre en scène, il les fait naître de l'union des anges déchus avec les filles des hommes. C'était ainsi que le livre d'Hénoch expliquait le célèbre épisode de la Genèse qui précéda le déluge. Cette exégèse, déjà abandonnée des rabbins, avait excité la colère de Tryphon qui la traitait de blasphème; elle fut rejetée dans l'Église, surtout par l'influence de saint Augustin. Saint Justin et beaucoup d'autres Pères après lui l'admirent sans peine, parce que leurs anges n'étaient point des êtres purement spirituels. Ces démons, à la différence de ceux du paganisme, étaient donc méchants pour ainsi dire par nature, supérieurs aux hommes par l'intelligence, mais avides d'honneurs et de puissance, déterminés à faire peser leur joug sur l'humanité au moyen de la religion. Pour l'imposer ils avaient eu recours aux prestiges et aux prodiges.

C'est un point dont aujourd'hui encore on ne doit parler qu'avec réserve. Saint Augustin n'a point souscrit a l'origine fabuleuse des démons. Mais lui non plus ne connaît que de mauvais démons, qui sont des anges prévaricateurs, et il n'hésite pas à leur assigner un rôle dans les origines de l'idolâtrie. Qu'ils aient opéré des prodiges dans ce but, cela lui paraît assez évident « si l'on tient compte de l'histoire^ ».

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