‹ Saint Justin, philosophe, martyrChapitre 59 sur 106 · I. Cité de Dieu. X, i · texte numérisé non relu

I. Cité de Dieu. X, i

Nier raction des démons, hostiles à Thomme depuis les jours du Paradis terrestre, serait s'écarter témérairement du sentiment de l'Église, qui craint leurs embûches et demande à Dieu d'en préserver les fidèles. Il serait cependant aisé d'exagérer leur influence sur des volontés qui, en définitive, ne peuvent être mues que par Dieu. C'est une question de tact et de sens théologique. Saint Justin a certainement dépassé la mesure.

D'après lui, les démons n'ont pas seulement imaginé la mythologie. Prévoyant l'avenir, encore que confusément, ils ont fait d'avance de la mythologie une véritable imitation, disons plutôt une singerie, de ce qui devait être la vie et l'œuvre du Fils de Dieu. C'est ainsi que les légendes d'Hermès, d'Asclépios, d'Héraclès, de Dionysos, de Persée, toutes celles enfin qui offraient quelque trait de ressemblance avec l'existence de Jésus, ne sont que des contrefaçons. Encore y manque-t-il un trait essentiel, la mort de Jésus crucifié.

(( Jamais dans leurs contrefaçons, ils n'ont attribué à aucun des prétendus fils de Zeus le supplice de la croix. Ils ne pouvaient en avoir l'idée, car... tout ce qui avait été dit sur ce sujet était symbolique ^. »

Mais enfin quel profit espéraient les démons ? ' C'était une manière d'empêcher par avance le succès de l'œuvre du Christ. Ils répandirent ces récils chez les Grecs et les gentils, là surtout où ils savaient par les prophètes qu'on croirait au

Page 1