I. Mémoires... II, p
() SAINT JUSTLN.
Malheureusement tout n'est pas parfaitement clair dans celte confession personnelle, et on ne saurait parler des mémoires de Justin. Platonicien avant de devenir chrétien, il fut toujours sous le charme du penseur poète qui fut le plus artiste des écrivains, et il tenta d'imiter la composition de ses incomparables dialogues. C'est dans sa discussion avecle juif Tryphon qu'il expose comment il se converlit^ après avoir en vain essayé de tous les systèmes, et il greffe sur ce dialogue l'entretien qu'il eut avec le mystérieux vieillard qui lui révéla le christianisme. Or la forme du dialogue éveille les soupçons. Justin n'est plus ici le Romain qui s'explique en toute franchise avec un empereur citoyen, c'est l'écrivain encore asservi aux arlifices ingénieux des Attiques. Il n'a rien dit qu'il n'ait en quelque façon reconnu exact ; mais l'arrangement est peut-être de la littérature.
Ce qui est sûr, c'est qu'il était ardemment désireux de posséder le vrai. Il l'a poursuivi partout, sauf chez les Épicuriens, qui lui inspiraient peu d'estime, et il était naturel de consulter les principaux oracles de la philosophie de son temps. N'avons-nous pas vu naguère miss Baker parcourir presque tout le cycle, beaucoup plus compliqué, des systèmes modernes, avant de demandera l'Église les paroles de vie ^ ?
Ce que nous raconte Justin est à tout le moins très vraisemblable.
Donc il cherchait Dieu, et il se confia tout d'a-