I. Vers la maison de lumière
bord à un stoïcien. Nous croirions qu'il avait touché juste dès le premier effort. S'il est dans Tanliquité une philosophie qui a parlé de Dieu avec des accents admirables, c'est l'école du Portique, de l'hymne de Cléanthe aux effusions d'Épictète. Nous sommes donc très surpris que Justin ait quitté si vite son maître stoïcien, parce qu'il ne connaissait pas Dieu, et ne jugeait pas que cette science fût nécessaire. Justin était mal tombé, ou Naplouse était mal montée. Peut-être ce prétendu disciple du Portique n'avait-il retenu que quelques phrases de Sénèque où le sage orgueilleux se mettait au rang de Jupiter : « le sage est le compagnon des dieux, n'a rien à leur demander ^ )>. Ou bien Justin comprit-il du premier coup d'œil que les stoïciens ne donnaient tout à Dieu qu'en apparence, sauf à le laisser disparaître dans le grand Tout matériel?
Il est plus probable que notre apprenti philosophe connut d'abord assez mal le stoïcisme, et qu'il n'en comprit l'importance qu'assez tard. La seconde Apologie nous obligera a revenir sur ce point. Il y eut donc un malentendu entre le stoïcien trop pratique et le jeune homme rêvant à son idéal ; Justin chercha ailleurs.
Il avait certes moins de chances de succès en frappant à la porte d'un péripatéticien. Aristote n'eut jamais de goût pour les choses divines. Dans l'école d'Athènes, Raphaël a levé vers le ciel le regard inspiré de Platon; celui d' Aristote, fort pé-