I Apol. xLiv
SALNT JUSTIN APOLOGISTE. 131
matière informe pour en faire le mondée » iVussitôt après, Platon est censé avoir eu une connaissance imparfaite des trois personnes divines, et, cette fois, on trouve plus naturel le renvoi à la Bible 2.
Voilà donc une première manière de voir, qui, certes, n'est pas trop flatteuse pour la philosophie. Platon, le divin Platon, n'est plus qu'un disciple de Moïse, qu'il a d'ailleurs mal compris, et ainsi des autres philosophes.
C'est là évidemment une erreur. Encore qu'elle ait été fort goûtée de certains Pères et se soit perpétuée jusqu'au célèbre Huet, évêqued'Avranches, elle ne soutient pas l'examen.
Depuis quelques années, il est vrai, nombre de savants osent douter de l'autonomie absolue du génie grec. Les influences orientales, très saisissables dans l'art, le sont moins dans la filiation des pensées, mais on peut déjà conclure indirectement des unes aux autres. Et aujourd'hui que l'Asie ancienne est mieux connue, il ne manque pas d'indices de la pression utile exercée par l'antique tradition babylonienne sur la pensée grecque, curieuse et docile. La science, surtout en rudiments d'astronomie, mainte légende suggérée par l'image, mainte histoire des temps primitifs, sont peut-être venues d'Asie, où les Ioniens servaient d'intermédiaires, jusqu'à la Grèce du continent européen.