‹ Saint Justin, philosophe, martyrChapitre 72 sur 106 · I. Il Apol. XIII · texte numérisé non relu

I. Il Apol. XIII

un rôle important. L'apologiste ne refuse pas, lui platonicien, d'emprunter des termes au Portique, pourvu que ce soit sans détriment de la doctrine chrétienne. Aussi la concession n'est-elle qu'apparente.

Qu'était donc, pour les stoïciens, ce Logos spermaticos ou Verbe séminal? Il leur servait à voiler le matérialisme dans lequel se résout nécessairement toute philosophie qui ne distingue pas l'Etre absolu, spirituel, transcendant, et qui noie au contraire tout ce qu'elle reconnaît de divin dans la masse des choses. Êtres raisonnables, et sentant en cela même notre supériorité, nous sommes bien obligés de faire dans le monde une catégorie pour ce qui est raisonnable ; c'est la raison ou le Logos. Les stoïciens, en panthéistes qu'ils étaient, ne pouvaient le détacher du monde dont il était le lien. Et comme le Logos le faisait subsister dans son ensemble, il y avait comme des semences de Logos, disséminées dans toutes les choses, grâce auxquelles chaque objet était constitué dans son individualité et dans sa nature. Les choses participent donc réellement et matériellement de ces raisons séminales. Marc-Aurèle ne s'était pas soucié de relever l'homme, ni même son âme, de cet assujettissement a une raison séminale matérielle : « Tu es né partie du Tout... Tu disparaîtras dans l'être qui t'a engendré, ou plutôt tu rentreras, h la suite d'un changement, dans sa raison séminale^. »

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