‹ Saint Justin, philosophe, martyrChapitre 74 sur 106 · II Jpol. X · texte numérisé non relu

II Jpol. X

2. Le nom d'Abraham (I Jpol. xlvi) à côté de celui des trois jeunes gens dans la fournaise doit être une allusion à la légende |uive : Abraham avait e'te' jeté par Nemrod dans un four embrasé.

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faîte pour la vérité. Au lieu de s'appliquer à dresser le catalogue de ses erreurs, il a rev* ndiqué hardiment ses conquêtes pour le christianisme, révélation suprême de la vérité. Il a rendu justice aux efforts de quelques hommes pour mieux connaître Dieu et pour mener une vie meilleure. Tout effort moral, tout élan vers la vérité lui paraît une marche vers Dieu et vers son Christ. Fallaii-il condamner sans distinction tous ceux qui ont vécu avant Tlncarnation, alors si récente, ne datant que de cent ciiiquante ans? Justin ne l'a pas cru; de même que ceux qui cultivaient leur raison connaissaient déjà en partie le Christ, ceux qui vivaient suivant leur raison étaient déjà chrétiens^. L'expression est certes un peu forte, et même inexacte à prendre les choses à la rigueur. Qu'a donc voulu dire le compatissant apologiste, si ce n'est que Dieu n'avait pas abandonné complètement l'ancien monde, et que, comme l'Église nous l'ensoigne, il a toujours donné à tous les hommes des grâces suffisantes pour se sauver! Aussi bien n'a-t-il affirmé nulle part qu'on pût vivre selon le Verbe sans la grâce. Ce sujet n'était pas mûr, et ne regardait pas l'apologétique.

Ainsi, pour la première fois depuis la prédication de l'Évangile, Justin essayait de conclure un traité avec les philosophes et la philosophie. Il tendait sincèrement la main à la raison, consentant à accepter son témoignage, mais pour l'élever plus haut. N'a-t-il pas, en dépit de son parti pris

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