‹ Saint Justin, philosophe, martyrChapitre 76 sur 106 · I. II Apol. VI et \y · texte numérisé non relu

I. II Apol. VI et \y

tradiction entre cette exaltation du libre arbitre et le déterminisme des causes qui tue la liberté, entre cette morale qui prétend dominer la matière, et le matérialisme où le monde est enveloppé. Bonne morale, mauvaise métaphysique, cela revient à dire morale de façade. Et si l'on veut en sauver quelque chose, il faut renoncer à cette base métaphysique et trouver un autre fondement.

C'est bien la pensée de saint Justin. « Les stoïciens ont établi en morale des principes justes. . . ^ Les stoïciens eux-mêmes, dans leur morale, tiennent ferme à ces lois (et a ces principes philosophiques établis selon la saine raison et qui ordonnent de faire ceci et d'éviter cela) , ce qui prouve que leur théorie sur les principes des choses... n'est pas vraie. Soumettre l'homme à la loi du destin, ou dire que rien n'est Dieu à coté de ces choses changeantes, muables, qui se résolvent toujours dans les mêmes éléments, c'est ne rien voir en dehors des choses corruptibles et mêler Dieu luimême à la corruption de l'univers dans son ensemble et dans ses parties, ou bien c'est dire que le bien et le mal ne sont rien, ce qui est contraire à toute sagesse, à toute raison et à tout esprit raisonnable 2. »

Les stoïciens prétendaient bien ne pas supprimer les*^ dieux. Mais Justin ne reconnaissait pas la nature divine même à leur Dieu suprême. Aussi, lorsqu'il a fait appel au témoignage des stoïciens

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