‹ Saint Justin, philosophe, martyrChapitre 77 sur 106 · II Jpol, VII · texte numérisé non relu

II Jpol, VII

SALNT JUSTIN APOLOGISTE. 147

pour fonder la réalité du feu éternel qui un jour consumera le monde, il a soin de faire cette réserve capitale. Le stoïcisme, comme le christianisme, enseigne Tembrasement universel. Il ne peut donc, de ce chef, rien reprocher à la nouvelle religion. Mais (^ les philosophes qu'on appelle stoïciens enseignent que Dieu même se résoudra en feu et qu'après ces changements le monde renaîtra. Quant à nous, nous pensons que le Dieu qui a tout créé est supérieur à cette nature changeante^ ». En vérité, Justin prête ici à Técole une conclusion qu'elle refusait de tirer. Tout récemment encore, Epictète enseignait que Zeus, le dieu suprême, survivait à l'embrasement général qui terminait chaque période du monde 2. C'était tout naturel, puisque Dieu n'était autre chose qu'un feu artiste ^\ Mais Justin n'eut pas consenti à prendre au sérieux cette divinité. Un dieu matériel, la fatalité réglant tout, ce n'était pas assez pour fonder une morale.

A cette philosophie, l'apologiste préfère l'enseignement du sophiste Prodicus, que son maître Platon avait pourtant pris pour cible de ses traits ironiques^. Cette fois c'est Héraclès lui-même, le plus noble des fils de Zeus, qui donne une leçon à des sophistes modernes, indignes du nom de philosophes. Rencontrant à un carrefour le vice

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