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tout le judaïsme, et le christianisme en avait hérité. Et c'est aussi précisément ce que veut dire Justin quand il distingue aux origines la création proprement dite et l'ornementation du Cosmos^. Sa doctrine théologique exigeait aussi que la matière fût créée. Car le \erbe a été engendré par le Père avant la création.
Peut-on supposer que la matière aurait été déjà là, indépendante du Verbe et du Père? Elle serait donc non engendrée, et par conséquent, d'après Justin, participerait à l'attribut divin par excellence? Ces suppositions sont incompatibles avec sa foi. Il a simplement constaté l'accord de Platon avec la Bible sur l'organisation de la matière. Pouvait-il ignorer que le Dieu des chrétiens était absolument le Créateur? Imaginer que le sachant il a opiné d'une autre manière serait faire injure à ses déclarations maintes fois répétées : aucun enseignement humain ne rivalisait dans son esprit avec la parole de Dieu -.
Qu'il ne se soit pas expliqué sur la matière, ce n'est pas étonnant; dans le Nouveau Testament il n'en est pas question non plus; ce sont là thèmes de pure philosophie.
Mais voici un point encore plus délicat. Cette fois, c'est un théologien catholique, leR. P. Feder, qui reproche à Justin de ne s'être pas complètement libéré de l'influence de la philosophie païenne ou alexandrine dans ses idées sur Dieu.