‹ Saint Justin, philosophe, martyrChapitre 95 sur 106 · Dial CXXXIV · texte numérisé non relu

Dial CXXXIV

péchés ; enflammés par la parole de sa vocation, nous sommes la véritable race archiprêtresse de Dieu^ ».

Les chrétiens, ceux de l'Eglise, sont les héritiers légitimes du nom du Christ. Ce sont eux que Justin défend contre les calomnies, c'est pour eux qu'il plaide au tribunal de César. Il n'ignore pas que d'autres prennent le nom de chrétiens, mais ils n'y ont pas droit, et ils le reconnaissent eux-mêmes, puisqu'ils se réclament d'autres maîtres que le Christ : « Parmi eux les uns s'appellent Marcionites, d'autres Valentiniens, d'autres Basilidiens, d'autres Saturniliens ; chacun prend un nom ou un autre d'après le fondateur de leur système, de la même manière que tout homme qui pense philosopher croit devoir, d'après le père de son système, porter le nom de la philosophie qu'il professe-, » A ces hérésies contemporaines, Justin ajoute celles de Simon et de Ménandre, tous deux de Samarie, et par conséquent ses compatriotes. Il traite tous ces sectaires fort durement, dérivant sur eux le grief d'athéisme, que les païens font aux chrétiens. Il ne va pas jusqu'à rejeter aussi sur eux les atroces calomnies sur les réunions chrétiennes, mais ne s'engage pas non plus à les disculper. S'il montre ici une violence dont il n'est point coutumier, c'est qu'il est profondément irrité de l'injustice des adversaires du christianisme, Juifs et païens. Quand il leur plaît de

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