I. Les Marcionites comptèrent quelques victimes
de nouveau par les Apôtres du Christ, et qui a retenti par les prophètes ^ ». C'est donc Dieu qui est la raison suprême de la foi. Il a parlé par les prophètes et par les Apôtres ; ce sont les deux degrés de la révélation.
Du respect de saint Justin pour TAncien Testament, nous n'avons plus rien à dire. Il le croyait inspiré par l'Esprit-Saint, et possédant par là même une souveraine autorité. Ce qui importe à la doctrine chrétienne, c'est le témoignage qu'il rend ici à l'autorité des Apôtres, fidèles dispensateurs de la parole de Jésus-Christ, Les gentils n'étant pas dépositaires des anciennes Ecritures, c'est donc par les Apôtres qu'ils ont reçu les prophètes eux-mêmes'^. Saint Justin, si versé sur l'Ancien Testament, ne pouvait ignorer le Nouveau. Il le lisait si assidûment que les critiques ont retrouvé dans ses écrits des traces de tous les livres qui le composent, si l'on excepte quelques épîtres, dont il n'a pas fait usage : la deuxième aux Corinthiens, la deuxième de saint Pierre, la première aux Thessaloniciens, la deuxième à Timothée, celle à Philémon et celle de saint Jude. Nulle part il n'a tracé de canon des écritures, mais il est tout a fait certain qu'il connaissait les quatre évangiles, et la manière dont il les désigne coïncide exactement avec le groupement des quatre évangiles qui sera proclamé par saint Irénée une unité consacrée. Suivant sa tendance de se con-