LES
= | Le]
Cu sl Le .
Le]
Los)
Pa"
LS
Le]
Il y a là un point très caractéristique et il faut y voir
plus qu’une simple coïncidence.
Are
La visite sanitaire a lieu actuellement au Dispensaire de Salubrité tous les jours non fériés de 11 heures à k heures. Cette préoccupation sanitaire n'est apparue en Frañce que depuis 1796. En 1802, on crée le Dispensaire auquel sont attachés deux officiers de santé. En 1805, le Dispensaire est installé rue Croix-des- Petits-Champs : les prostituées doivent y venir quatre fois par mois et payer une taxe de 12 livres pour la rémunération des médecins. Cette taxe est abolie en 1828 par M. de Belleyme qui établit, à quelques modifications près, le service tel qu’il existe encore actuellement. Les filles publiques doivent se présenter à la visite médicale une fois tous les quinze jours et celles qui sont atteintes d’une infection syphilitique de date récente doivent venir chaque semaine se faire examiner. Celles qui sont reconnues contagieuses sont gardées au dépôt d’où on les envoie à l’infirmerie spéciale de Saint-Lazare. Dans les maisons de tolérance la visite est passée à domicile par un médecin du dispensaire.
L'inscription est parfois demandée spontanément par la femme ; d’autres fois c’est une tenancière de maison publique qui les y invite pour entrer dans son établissement ; d’autres enfin sont inscrites d'office. Sur 1.000 prostituées soumises, Parent-Duchatelet en trouva:
589 l'ayant demandé elles-mêmes ;
. 354 entrant en maison sur l’instigation de la patronne ; 57 inscrites d'office.
Il faut rendre cette justice à l'administration qu’elle ne se résout à mettreune femme en carte que lorsqu'elle y est forcée, et qu’elle a épuisé tous les moyens de la ramener au bien. Si c’est une mineure (l'inscription peut être prononcée à partir de 18 ans) on prévient la
SRE
famille et l’on tente une réconciliation. Si la fille est majeure, on tâche de la détourner de son projet en l’engageant à chercher du travail, en l’adressant aux sociétés de patronage ; ce n’est qu’en cas d'échec que l’on recourt à l'inscription. De même lorsqu'une insoumise est arrêtée, on ne l’inscrit pas dès la première fois; il faut qu’il y ait eu plusieurs récidives. Toutefois toutes les prostituées clandestines ayant été arrêtées sont visitées par le médecin qui envoie à Saint-Lazare celles qui sont contagieuses, les autres sont relaxées. Mais la police des mœurs les surveille attentivement. R
Lorsqu'une fille est inscrite, elle reçoit une carte. Sur le recto, on met les visites mensuelles ; au verso sont imprimées les obligations et défenses qui leur sont imposées. Voici en quoi elles consistent :
< Les filles publiques en carte sont tenues de se pré- « senter, une fois au moins tous les quinze jours, au « Dispensaire de Salubrité pour y être visitées.
« Illeur est enjoint d’exhiber leur carte à toute réqui- « sition des officiers et agents de police. »
« Il leur est défendu de provoquer à la débauche pen- « dant le jour ; elles ne pourront entrer en circulation « sur la voie publique qu'une demi-heure après l’heure « fixée pour le commencement de l’allumage ei en au- « cune saison avant 7 heures du soir et y rester après « 11 heures. »
« Elles doivent avoir une mise simple et décente qui « ne puisse attirer Les regards soit par la richesse ou les « couleurs éclatantes des étoffes, soit par des modes « exagérées. »
« La coiffure en cheveux leur est interdite.
« Défense expresse leur est faite de parler à des hom-
mes accompagnés de femmes ou d'enfants, et d’adresser à qui que ce soit des provocations à haute voix ou avec insistance. »
« Elles ne peuvent à quelque heure et sous quelque prétexte que ce soit se montrer à leurs fenêtres qui doivent être constamment fermées et garnies de rideaux.
« Il leur est défendu de stationner sur la voie publique, d'y former des groupes, d’y circuler en réunions d’aller et venir dans un espace trop resserré et de se faire suivre ou accompagner par des hommes.
«Les pourtours et abords des églises et temples, à distance de 20 mètres au moins, les passages couverts, les boulevards de la rue Montmartre à la Madeleine, les jardins et abords du Palais-Roval, des Tuileries, du Luxembourg et le Jardin des Plantes leur sont
interdits. Les Champs-Élysées, l’Esplanade des Inva-
lides, les anciens boulevards extérieurs, les quais,
les ponts et généralément les rues et lieux déserts et
obscurs leur sont également interdits. »
« Il leur est expressément défendu de fréquenter les
établissements publics ou maisons particulières où
l’on favoriserait clandestinement la prostitution, et
les tables d'hôte, de prendre domicile dans les mai-
sons où existent des pensionnats ou externats et
d'exercer en dehors du quartier où elles habitent.
« Il leur est également défendu de partager leur lo-
gement avec un concubinaire ou avec une autre fille,
ou de loger en garni sans autorisation. »
« Les filles publiques s’abstiendront lorsqu'elles seront dans leur domicile, de tout ce qui pourrait don-
ner lieu à des plaintes des voisins ou des passants. »
« Celles qui contreviendront aux dispositions qui
« ‘précèdent, celles qui résister ont aux agents de l’au- . « torité, celles qui donneront de fausses indications de « demeure ou de nom encourront des p eines propor- « tionnées à la gravité des cas. »
On conçoit aisément qu'avec un tel règlement les malheureuses puissent toujours être trouvées en faute. Les pénalités dont il est question consistent dans l’envoi à Saint-Lazare pendant un temps variant de deux à quinze jours en moyenne, ces délinquantes forment les filles des cours: c’est là le gros reproche qui a toujours été fait au système réglementaire: l’incarcération sur simple décision administrative et non par suite d’une condamnation d’un tribunal. Il est vrai que tout cela repose sur les ordonnances royales suivantes :
1° Du 20 avril 1684 qui ordonne l'internement des femmes de mauvaise vie à la Salpêtrière ;
2 Du 26 juillet 1713 réglant la procédure du lieutenant criminel;
3° Du 30 août 1785 créant un hospice pour le traitement des maladies vénériennes ;
4° Du 6 novembre 1778 édictant les obligations imposées aux filles et les astreignant à être enfermées à l'hôpital.
Ces ordonnances ont été confirmées par les lois du 14 décembre 1789, des 16 et 24 août 1790, du 19 et 22 juillet 1791. Enfin la jurisprudence a maintes fois donné raison au bureau des mœurs. Il n’en reste pas moins vrai que notre Code ne possède aucune loi formelle à ce sujet etque les abolitionnistes ont pu dire avec quelque vraisemblance que la préfecture de police avait ressuscité les lettres de cachet. D'ailleurs nous avons pu nous-même remarquer, durant notre internat, que
ss sp
c'élaient toujours ou presque toujours les mêmes femmes qui avaient à subir cette peine et qu’elle n’était guère infligée qu’aux prostituées de la plus basse classe. C’est là également l'opinion d’un policier, M. Macé, qui écrit : « Ce sont les filles pauvres, besogneuses, ha- «bitant les quartiers excentriques qui peuplent constam- «ment la prison Saint-Lazare. > Bien plus que l'obligation de la visite, c’est cette considération qui engage la prostituée à rester clandestine car, dit encore M. Macé, « l'inégalité des punitions est des plus criantes. Qu'on «< en juge:une fille soumise et une fille insoumise « sont arrêtées toutes deux pour le même motif, le « même jour, à la même heure. Qu’arrive-t-il? La fille « soumise sera punie de huit à dix jours de prison, tan- « dis que l’insoumise obtiendra la liberté ». L'établissement de cabinets de visite sanitaire dans chaque mairie au lieu du seul dispensaire, et mème la visite à domicile pour celles qui paieraient une faible redevance ainsi que cela a été proposé, un hôpital spécial situé ailleurs que dans une prison, un mode moins arbitraire de répression nous paraissent être nécessaires pour la réglementation de la prostitution.
Nous devons nous demander maintenant pourquoi ces femmes se sont livrées à la prostitution. Quelquesunes y sont venues tout naturellement, élevées dans le vice; la faute, dans ce cas, en incombe aux parents qui leur ont, dès l’enfance, donné l’exemple. Celles-ci ne comprennent pas quel métier elles font; jamais elles n'ont pu en concevoir d'autre et on ne peut rien en espérer, car il n’y a en elles aucun sentiment. Mais c'est là l'exception. La plupart y ont été amenées à la
suite d’une première faute qui les a fait chasser de leurs familles et puis la modicité des salaires de la femme est telle, le plus souvent, qu’il faut bien qu’elle trouve tout de même de quoi manger. « La chute pour nombre de filles estinévitable, dit M. Verchère, elle vient toujours de la même cause. C’est une malheureuse fille qui vient de province ou qui est née à Paris qui a eu ou qui n’a pas eu, peu importe, une première faute à se reprocher. Elle se place ou elle entre à latelier ; puis, un beau soir, la place venant à manquer ou l’ouvrage à faire défaut, elle attend de quoi vivre. Au bout de quelques jours le travail ne vient pas, la place ne se trouve pas, une amie rencontre la pauvre fille et la conversation s’engage:« Tu n’as pas de quoi manger, tu as bien tort de souffrir la faim, viens avec moi ; au coin de telle rue tu trouveras bien un homme, tu iras à tel hôtel meublé et tu pourras dîner et te coucher le soir. » Et ainsi est fait. J’en ai vu de ces malheureuses qui sont descendues vierges sur le trottoir. Je me rappelle une d’entre elles qui m’a été amenée parce que le passant trop brutal la faisait souffrir et qu'elle avait crié ; et c’est elle qu'on avait arrêtée ; c’est elle que j'ai eu à soigner : elle était vierge, hermétiquement vierge. » S'il est tout à fait exceptionnel d’avoir affaire à une vierge il n’en est pas moins vrai que les choses se passent le plus souvent ainsi que le dit le D° Verchère. Recherchant les causes de la prostitution chez 5.183 filles, Parent-Duchatelet a trouvé ce qui suit :
1.441 y ont été poussées par l’excès de misère, le dénûment absolu.
1.425 sont des filles séduites à Paris ayant vécu un temps plus ou moins long avec leurs amants puis
ayant été abandonnées et ne sachant plus que faire.
Chez 1.225 c’est la perte des père et mère, l’expulsion de la maison paternelle, l'abandon complet par la famille qui a amené ce résultat.
40% ont été amenées à Paris par des militaires, des commis voyageurs, des étudiants ou autres amants et ont été abandonnées presque immédiatement.
289: sont des domestiques séduites à Paris par leurs maîtres et renvoyées par eux.
280 espéraient trouver des ressources à Paris où elles étaient venues se cacher.
37 sont des filles ou des femmes veuves qui n’ont pas pu trouver d'autre moyen pour soutenir des parents vieux ou infirmes.
29, aînées de famille, n’ayant plus ni père ni mère, élèvent ainsi leurs jeunes frères et sœurs et quelquefois des neveux et nièces. ;
23, enfin, sont des femmes veuves ou abandonnées par leurs maris et ayant une famille nombreuse à élever.
Ainsi, très souvent, le but que poursuit la prostituée est très bon ainsi que l’emploi de ses gains. N’est-il pas regrettable que, pour y arriver, nombre de femmes soient obligées de recourir à ces moyens. Il est vrai
que l'inscription n’est pas irrévocable et que la radiation peut être obtenue par la fille qui en fait la demande, sous certaines conditions. Mais combien peu, une fois entrées dans cette vie, arrivent à en sortir. Il faut pour cela, qu’elles justifient de moyens d’existence ou d’un emploi, qu’elles se marient ou qu'elles tiennent une maison de tolérance, car cette condition est mise par
l'administration sur le même rang que les autres !
Toutes les prostituées sont loin de vivre dans l’opulence. Certaines arrivent péniblement à gagner leur vie. Nous avons reçu un jour d’une de ces malheureuses une lettre où elle nous suppliait de la faire rentrer de nouveau à Saint-Lazare. A l’infirmerie, au moins, elle ne souffrait ni de la faim ni du froid, et elle était sûre d’avoir un gîte. C’est pourquoi quelques-unes demandent à être envoyées en hospitalité pour être filles de service ou tepir un emploi quelconque. Et lorsque vieillies, usées par la maladie et la débauche, elles restent dénuées de tout, incapables de gagner leur vie, c’est encore à Saint-Lazare qu’elles peuvent être envoyées sur leur demande; et c’est là qu’elles terminent leur existence misérable, au milieu de leurs semblables, dans le cadre qu'elles ont si souvent contemplé.
Les œuvres de relèvement
S'il est vrai que la femme qui est à Saint-Lazare est bien près d’être perdue, il faut reconnaître que des âmes charitables tentent, de tous leurs efforts, de toute leur bonté et de toute leur intelligence de s’opposer à cette chute. A l'intérieur même de la prison, il existe des influences moralisatrices qui luttent contre la dépravation ambiante. Tout d’abord nous avons vu combien la maternité avait, le plus souvent, un effet salutaire puissant ; ensuite, il serait injuste de méconnaître le rôle exercé par les sœurs Marie-Joseph : par leurs consolations, leurs encouragements, leurs conseils elles réussissent parfois à ramener une prisonnière à de bons sentiments. Pourtant, en ce qui concerne spécialement les prostituées, leur action n’est pas auss efficace que sur les détenues de la première section. Citons, à ce sujet, l’opinion de Parent-Duchatelet : « Pour conduire les prostituées, pour les instruire et leur inculquer quelques préceptes de morale, pour leur inspirer certains sentiments de pudeur et de bon ordre, il faut néeessairement avoir recours à des femmes mariées ou qui l’aient été : le titre de femme mariée et
surtout eelui de mère de famille inspirent à ces filles
un respect tout particulier et les engagent à se soumettre sans murmurer à tout ce qu'on exige d'elles. Une femme mariée peut, sans se compromettre, tenir un langage qui serait déplacé dans la bouche d’une religieuse et c’est ce langage qui produit souvent un effet magique sur l'esprit faible de ces malheureuses ; elles doivent ètre persuadées que ceux qui sont préposés pour être à leur-tête connaissent jusqu'aux plus petits détails de leur vie. Or, si les religieuses n’ont pas cette : connaissance, il leur manque une partie essentielle de ce qui leur est nécessaire pour faire le bien; et si l’on découvre qu’elles en sont instruites, elles perdent à
l'instant l’estime et le respect dont elles doivent être
entourées, et, par suite, cette autorité et cette force
morale sans lesquelles la surveillance devient illusoire. » C’est pour cette raison que le médecin a tant d'influence sur l'esprit des détenues. Il y a bien un personnel laïque à Saint-Lazare, mais nous avons vu qu’il était composé d’anciennes filles qui sont bien incapables de donner les conseils nécessaires. Le rôle que réclame
Parent-Duchatelet est tenu par les dames visiteuses
mais en partie seulement, car elles ne viennent qu’à intervalles et la prisonnière ne se trouve pas sans cesse sous leur influence bienfaisante, Quoi qu'il en soit, elles savent à merveille capter la confiance de leurs pro-
tégées et si leurs efforts ne sont pas payés de retour,
du moins n’ont-elles pas toujours à faire à des ingrates.. Par la fréquentation des détenues, elles ont appris l’art de se faire aimer d'elles, et de faire désirer leur consolante visite. à Ce n’est pas seulement dans l’intérieur de la prison que la femme reçoit un appui ; à sa sortie, elle trou-
es:
° vera des œuvres qui, si elle montre de la bonne volonté et du repentir, s’occupent d’elle et peuvent l'empècher de tomber à nouveau. Ce sont les œuvres de patronage.
Beaucoup ont un caractère religieux. D'ailleurs toutes les religions ont fondé la leur et concourent au même but. Ces œuvres recueillent la fémme libérée ; si elle n'a pas de vêtements, elles lui en procurent; si elle habite la province, elles la rapatrient à leurs frais ; sinon elles lui trouvent une place et lui permettent ainsi de gagner honnètement son existence. Ce n’est jamais en vain que l’on a recours aux sociétés de patronage et l’on est toujours assuré de trouver auprès d'elles un secours moral et physique. Pourtant là “encore, une œuvre dirigée uniquement par des religieuses ne peut pas donner tous les résultats désirables.
Voici ce que dit à propos du Refuge Saint-Michel qui est dans ce cas, M. Lacaze, rapporteur de la commission parlementaire au sujet du patronage : « Nous ne pouvions: parcourir ces classes d’un aspect si correct et si froid, regarder ces visages d’une expression si uniforme, considérer ces attitudes d’une symétrie un peu morne, sans nous demander si ce régime austère, n’ouvrant d’issue à l’âme que vers le Ciel est bien fait pour réveiller chez ces jeunes filles le sentiment affaibli de la responsabilité. On se croirait quelquefois en présence de créatures prises au piège, chez lesquelles on chercherait vainement le signe et la direction des instincts. » Ce qui donne les meilleurs effets, c’est la coopération des religieuses et des dames charitables, c’est ce qui a lieu notamment pour la Maison du Bon-Pasteur où se trouvent à la fois des
dames du monde et des sœurs Saint-Thomas-de-Villeneuve.
Ces œuvres sont très nombreuses. Voici, pour Paris, quelles en sont les principales (1) :
L'OEuvre du Refuge du Bon-Pasteur, fondé en 1819, 71, rue Denfert-Rochereau, qui a pour but de recueillir les jeunes filles égarées de 16 à 23 ans. Les jeunes filles entrent volontairement au Refuge et en sortent toujours librement. Elles peuvent y rester toute leur vie.
La Société de Patronage des prévenues acquittées du département de la Seine, fondée en 1836, 136, rue Broca ; elle a pour but de recueillir les individus, hommes et femmes remis en liberté après une ordonnance de non-° lieu ou un acquittement et qui momentanément sans
asile, lui sont adressés par les magistrats devant les-
quels ils ont comparu. L'œuvre peut également recevoir les condamnés avec sursis pour délits de peu d’importance. Les prévenus sont hospitalisés dans une maison louée à cet effet 3, ruelle de la Planchette, et qui possède 16 lits. Iis y séjournent pendant le temps nécessaire à leur placement, ils y sont nourris et logés. Pendant le jour ils doivent se mettre en quête de travail. L’œuvre facilite le placement, le retour au pays d’origine et l’engagement militaire. |
L'Œuvre protestante des prisons de femmes, fondée en 1841, 4, avenue Hoche, qui s'occupe du relèvement des détenues et libérées protestantes, adultes et mineures. Elle est rattachée à l’œuvre du patronage des détenues et libérées qui émane d’elle (voir ci-dessous). Les
1. Les rensignements qui suivent nous ont été communiqués par l’Union des Sociétés de patronage de France,où nous avons reçu l’accueil le plus aimable.