SR RE
Nous avons voulu, dans les lignes qui vont suivre, dire ce que nous avons pu apprendre sur Saint-Lazare, retracer brièvement son histoire, décrire sa disposition, et ses locaux, montrer le fonctionnement de son important service médical, exposer les conditions dans lesquelles s’y trouvent les détenues tant au point de vue physique qu’au point de vue moral ; enfin il nous a paru intéressant de consacrer un chapitre à l’étude des œuvres de relèvement, œuvres admirables et belles qui, si elles ne touchent pas chaque fois au but, parviennent pourtant à sauver un grand nombre de femmes qui seraient perdues sans elles.
Aperçu historique |
La date de la fondation de Saint-Lazare n’est pas fixée de façon certaine. Ce que déclarent d’une manière unanime tous les auteurs, c’est que Saint-Lazare existe au xr° siècle. La question est également très controversée de savoir qui a fondé Saint-Lazare : pour les uns, ce serait le fait de particuliers, pour les autres, il serait de fondation royale. Ce qui paraît étabK c’est que, dès son originc, ce fut une léproserie. Cette maison jouissait de faveur royale : c’est ainsi que, en 1147, Louis le Jeune, avant de partir aux croisades, se rend à Saint- Lazare pour y visiter les ladres. D’ailleurs un bâtiment spécial, appelé Le «logiz du roy» y était aménagé ; avant le sacre, le roi y séjournait pendant vingt jours et comme la maladrerie se trouvait sur la route de Paris à Saint- Denis, il s’y arrêtait fréquemment ; les porteurs de son cercueil y faisaient halte et s’y reposaient. Mais ce ne sont pas là les seules marques de la considération royale : en 1110, Louis le Gros, pour le repos de son âme avait institué la « Foire de Saint-Ladre » au profit des malades de Saint-Lazare ; à la fin du xn:° siècle cette foire est rachetée aux religieux moyennant une rente