‹ Saint-Lazare Hôpital-PrisonChapitre 7 sur 15 · EN · texte numérisé non relu

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admis et traités par charité; les riches paient ; quelquesuns même vivent à part, mais dans l’enclos de Saint- Lazare. Malgré ces restrictions apportées au recrutement des malades, ceux-ci sont toujours en très grand nombre ; et souvent, ils sont appelés à examiner des personnes suspectes de lèpre. On leur envoie même parfois, de très loin, des malades afin qu’ils jugent de leur état.

Après avoir connu de beaux jours, la léproserie de Saint-Lazare eut fort à pâtie de la guerre de Cent Ans ; mais la bienfaisance royale et l’habile direction des prieurs successifs la sauvèrent pourtant de la ruine. Cependant au xvrr” siècle, elle va disparaître. D'ailleurs, dès le xv°siècle déjà on n’y soignait plus de lépreux et s’il en restait encore quelques-uns, c'était en quelque sorte par curiosité qu'on les gardait et aussi pour justifier les donations. En 1632, la maison est cédée à saint Vincent de Paul qui y installe la congrégation de la Mission : c’est d’ailleurs pour cette raison que les membres de cette congrégation sont appelés communément des Lazaristes. Ce sont eux qui, à la fin du xvir' siècle, construisirent les bâtiments qui existent encore actuellement. La Mission fit de Saint-Lazare une maison de correction et, s’il faut en croire Les mémoires de l’époque, ces prêtres s’acquittaient au mieux de leur tâche car voici ce qu’écrit à ce sujet un contemporain, Sauval : « Depuis que les Missionnaires sont à Saint-Lazare ils les (les enfants vicieux) reçoivent et les traitent comme des enfants de bonne maison. Ils ne les remettent point entre les mains de leurs parents qu’en état de leur obéir et de mener une vie régulière ; en un mot, ils s’en acquit-

tent si bien qu’on ne met presque plus ailleurs les

LU fous.

enfants de Paris dont les actions déshonorent leur famille. » Pourtant, le chevalier des Grieux, dans le roman de l’abbé Prévost, est enfermé à Saint-Lazare etil ne paraît pas s'être amendé beaucoup à la suite de ce séjour ; mais c’est là du roman, et peut-être Le héros de Manon Lescaut ne fut-il qu'une exception. On.ne mettait pas que des enfants et de tout jeunes gens à Saint-Lazare ; c'était également une prison pour les fils prodigues. À la suite du succès retentissant du Mariage ‘de Figaro qui déplaisait à la Cour, Beaumarchais y fut incarcéré en 1785; mais ceite arrestation ayant soulevé des protestations unanimes, le roi qui l'y avait fait enfermer le fit relâcher au bout de cinq jours. Beaumarchais a raconté que son ordre d’arrestation fut écrit de la main du roi, au dos d’une carte à jouer.

La Mission resta à Saint-Lazare jusqu’à la Révolution ; elle était devenue fort riche et puissante et elle possédait d'immenses terrains. C’est pourquoi le 13 juillet 1789, la veille de la prise de la Bastille, Saint-Lazare est mis au pillage et la plus grande partie des terrains est vendue comme biens nationaux. A la suite de ce pil- | lage, les Missionnaires quittent Saint-Lazare, mais un grand nombre d’entre eux y revient peu après pour y rester jusqu’à la Terreur, époque à laquelle le couvent est désaffecté et devient une prison pour suspects. C’était au début, une prison assez douce où les prisonniers étaient bien traités jusqu’au jour où Robespierre y envoya le fameux Vernet qui se plaisait à torturer les malheureux qui étaient sous ses ordres. « Depuis celte époque, peut-on lire dans un almanach publié en l’an IIT, les prisonniers ont souffert horriblement, une nourri-

ture aussi malsaine que dégoûtante, du pain abomina-

ble, du vin falsifié et empoisonné, causaient une foule de maladies dangereuses ; ceux qui échappaient à la mort n’échappaient pas à la faim qui était ordinairement très aiguisée ; ajoutez à cela les terreurs que Vernet jetait dans l’âme des détenus et vous aurez une idée de leur triste position. » Malgré tout la plupart supportaient vaillamment leur captivité, et pour l’adoucir on se livrait à la poésie : c'est à Saint-Lazare que, entre autres prisonniers de marque, André Chénier composa «La jeune Captive », L’«Ode à mon frère » et tous ses « Iambes ». D’autres avant de marcher à l’échafaud faisaient leurs adieux à la vie en une pièce de vers. Dans ce genre est la suivante que le général Beysser composa après sa condamnation :

Amis, la marche va s'ouvrir.

Ah ! plus de regards en arrière, Déjà d’autres ont su courir

Avant nous la même carrière,

Sous la faulx cruelle du temps Tombent les vertus et les crimes

Et nous sammes aux mêmes instants

Spectateurs, acteurs et victimes.

Et cela se chantait sur un air à la mode. D’autres encore, satiristes impénitents, faisaient des couplets sur

les événements du jour :

Danton au bord du Styx.

Lorsqu’arrivés au bord du fleuve Phlegeton Camille Desmoulins, Desglantines, Danton Payèrent, pour passer, cet homme redoutable, Le nautonier Caron, citoyen équitable,

À nos trois passagers voulut remettre en mains L’excédent de la taxe imposée aux humains :

Garde, lui dit Danton, la somme tout entière,

Je paie pour Couthon, Saint-Just et Robespierre.

La raillerie, en France, ne perd jamais ses droits et on peut la retrouver jusque dans les périodes les plus troublées de l’histoire.

C'est le Consulat qui a donné à Saint-Lazare sa desti-

nalion actuelle. Depuis cette époque, c’est une prison

pour femmes; c’est en même temps, depuis 1836 l'hôpital des prostituées et c’est également un hospice. Pendant la Révolution de 1848 et sous la Commune, Saint-Lazare eut encore à souffrir des fureurs de la populace. Bien des fois aussi il fut question de le démolir, mais la vieille bâtisse subsiste toujours. Sur le fronton flotte encore le drapeau tricolore, au-dessous duquel on peut lire ces mots : Maison d’arrêt et de correction.

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Les locaux. Les services médicaux

A l'heure actuelle, la prison Saint-Lazare a une double fonction. Tout d’abord, c’est une prison de droit commun et c’est ensuite le lieu de détention pour les filles inscrites à la préfecture de police, ainsi que pour les insoumises arrêtées par le service des mœurs. C'était également une maison de correction pour les jeunes filles, mais maintenant Saint-Lazare ne les reçoit plus et d’autre part la correction paternelle qui fournissait autrefois un assez fort contingent est supprimée depuis 1889. Il y a done, au point de vue administratif, deux sections : la première section ou section judiciaire et la deuxième section ou section administrative. Ces deux sections sont d’ailleurs entièrement distinctes et les femmes de l’une ne peuvent avoir aucune communication avec celles de l’autre.

Dans la première section sont les femmes prévenues et celles qui, jugées, sont condamnées à une peine de moins d’un an ; eelles qui ont à subir une peine supérieure y attendent leur transfert dans une maison centrale. A cette section est rattachée une infirmerie de 100 lits qui est appelée infirmerie normale, et une crèche qui peut contenir 50 enfants avec leurs mères.Outre

le service de l’infirmerie, le médecin fait également la visite des femmes qui sont au régime commun de la prison, celles-ci peuvent se présenter chaque matin à la visite médicale où elles sont examinées et où il est statué sur leur cas : soins dans l’atelier ou les cellules pour les cas bénins, entrée à l’infirmerie pour les cas plus graves. En outre, une fois par semaine, il est procédé à la visite générale des ateliers. Il y a donc là un service assez actif et très varié puisqu'on peut y voir tous ee cas de la pratique médicale.

Au point de vue des locaux, l’infirmerie de la première section est bien conditionnée. On y accède par un large couloir sur lequel s’ouvrent deux rangées de cellules. C’est là que se trouve le cabinet médical, vaste, bien aéré et éclairé, contenant le matériel nécessaire pour l’examen médical. IL y a en outre, une salle d’opérations, une pharmacie, une grande salle où les prisonnières viennent recevoir des injections, une cuisine. La salle affectée aux malades se trouve située à l'extrémité de ce couloir. 4l y a également cinq cellules pour isoler les malades dont l’état réclame cette mesure spéciale. Chaque cellule est destinée à une seule malade mais renferme également un second lit pour y mettre une garde en cas de besoin. Ces cellules cubent de 33 à 36 mètres. A l'étage au-dessus, se trouve une autre grande salle mais plus basse que la précédente au-dessus de laquelle elle est exactement placée. C’est en face que se trouve la crèche. En sous-sol se trouvent les bains.

A l’infirmerie on ne fait aucune séparation entre les prévenues et les condamnées, ou jugées, comme on dit par euphémisme à Saint-Lazare. Il en va autrement

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pour les femmes valides ; les unes et les autres sont logées dans des bâtiments distincts ; de plus on fait encore une sélection parmi les prévenues ; les femmes en carte arrètées pour un délit de droit commun sont séparées des autres. Les locaux qui sont affectées aux prisonnières sont des ateliers pour le travail dans la journée, des cellules pour la nuit. Il y a-2 ateliers de prévenues et 6 pour les jugées. Ces ateliers contiennent environ de 80 à 100 femmes et ont en moyenne 500 mètres cubes. Quant aux cellules, elles sont faites pour loger 4 ou 7 femmes, travaillant dans le même atelier; elles ont de 36 à 50 mètres cubes. Chaque cellule a au moins une grande fenêtre. IL y a en outre un dortoir de prévenues contenant environ 100 femmes.

Si la première section est avant tout une prison à laquelle est annexée une infirmerie, au contraire la deuxième section est surtout un hôpital : c’est là que sont envoyées les filles reconnues atteintes de maladies vénériennes à la visite médicale du dispensaire de salubrité. L’infirmerie comporte plus de 300 lits et est divisée en 5 services : 3 services de médecine et 2 de chirurgie. Tous ces services sont rassemblés dans un même corps de bâtiment qui a été construit en 1836 par l’architecte Baltard, et fut inauguré peu de jours après l’hôpital de Lourcine. Il encadre une cour qui sert de cour de récréation aux malades, dont un des côtés est formé par la Chapelle. C’est un bâtiment à 3 étages avec 2 ailes latérales de 2 étages. Le rezde-chaussée de la portion centrale est affecté à la pharmacie, la salle de bains, la lingerie, etc. Les étages sont occupés chacun par 5 salles de malades de 20 lits chaque ; les salles sont éclairées par 4 fenêtres, 2 sur la

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cour intérieure et 2 sur le chemin de ronde ; elles sont très vastes. Le premier étage est affecté aux filles soumises, le deuxième aux filles insoumises et le troisième ‘aux filles mineures en correction qui, reconnues atteintes de maladies vénériennes, sont soignées à Saint-Lazare ; ces dernières sont toutes affectées au même service. Dans les ailes se trouve le cabinet de visite médicale, auquel est attenante une salle de malades réservée aux cas plus graves demandant une surveillance plus grande ; chacune de ces salles comporte un nombre de lits variable avec chaque service mais qui est d’une dizaine en moyenne. Le rez-de-chaussée de l’aile gauche est occupé par une salle d’incurables ; ce sont d'anciennes filles dénuées de toute ressource quiont demandé à être envoyées là ; le langage administratif les désigne sont le nom d’hospitalisées.

Les différents services de la deuxième section reçoivent les nouvelles malades à tour de rôle, chacun ayant son jour de réception ; mais il faut remarquer qu’une malade qui a déjà été auparavant dans un service y retourne toujours à chacun de ses séjours. Ce fait est particulièrement intéressant parce qu’il permet de suivre les malades et de savoir de façon précise les accidents qu’elles ont déjà présentés et le traitement stHvi.

Outre les filles malades à l’infirmerie, la deuxième section est habitée également par des femmes que la préfecture y envoie pour des infractions à la police des mœurs : ec: sont les filles des cours. Celles-ci sont logées dans de grands dortoirs qui sont souvent insuffisants et dont les conditions hygiéniques sont bien inférieures aux cellules de la première section ; elles

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travaillent la journée dans des ateliers identiques à ceux du quartier judiciaire. Ces ateliers sont au nombre de deux. Avant que ces filles soient mises en liberté, elles sont toutes examinées par le médecin qui doit conserver à l’infirmerie celles qu’il trouve atteintes de maladies vénériennes. Une salle spéciale est affectée à cette visite :

En même temps que les services de Saint-Lazare, il convient de mentionner le laboratoire. Il est composé d'une seule pièce haute et pourvue de deux fenêtres et possède un cabinet noir. A défaut de la libéralité administrative, l'initiative privée des médecins et des chefs de laboratoire a su en faire un laboratoire assez bien monté et suffisant pour les besoins de la clinique journalière. Il est pourvu d’un ultra-microscope et l’on y pratique couramment la réaction de Wassermann. Le laboratoire est un laboratoire central, commun à tous les services.

Tout près du laboratoire, une salle spéziale est atfectée aux médecins, elle leur sert de salle de réunion et c’est en même temps la bibliothèque médicale ; cette bibliothèque reçoit régulièrement un grand nombre de journaux médicaux ; elle contient une quantité assez considérable de volumes de médecine et possède plusieurs moulages (1), légués par d’anciens médecins .de Saint-Lazare ; l’un d’eux a également fait don d’un droguier qui orne l’une des vitrines.

Dans le chemin de ronde se trouve la salle des morts

1. Il y a également de nombreux moulages dans le service de notre maître, M. le D: Jullien.

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et l’amphithéâtre d’autopsies qui est dans un état de délabrement absolu : les fenêtres n’ont pas de carreaux, la porte ne joint pas et il est impossible de s’y laver les mains ; en hiver il y règne un froid glacial et il résulte de ces conditions déplorables que les autopsies ne sont pas pratiquées très fréquemment à Saint-Lazare ; cela est regrettable, car la salle des vieillards possède bien des cas intéressants et, d'autre part, il est possible, le plus souvent, grâce aux séjours antérieurs dans un même service, de reconstituer tout le passé pathologique de ces malades.

Aux termes du règlement ne peuvent être autopsiés que les cadavres non rétlamés par leur famille. L’administration pénitentiaire se montre donc plus stricte que celle des hôpitaux puisque celle-ci demande une opposition formelle de la famille. Dans la pratique pourtant, nous n’avons jamais rencontré d'obstacles lorsque nous avons voulu nous livrer à des examens cadavériques.

Enfin, annexé à Saint-Lazare est le dispensaire Toussaint-Barthélemy.Il a été construit dans les locaux dépendant de la prison mais n'offre aucune communication avec elle. Il a été fondé à la fin de 1905 par le conseil général pour soigner les maladies vénériennes. Des consultations y sont données tous les matins sans exception et tous les soirs sauf les mercredis, dimanches et jours fériés, aux indigents. Il se compose de deux salles d'attente, une pour les femmes, l’autre pour les hommes et d’une grande salle de consultations.

Saint-Lazare est alimenté par l’eau de la Vanne. Il ne possède pas, comme la prison de ‘Fresnes, le tout à l’égout ; c’est encore le système du trou à la turque

Bof) EN

avec clapet, il ya 14 fossesqui sont de différent modèle et se décomposent ainsi qu'il suit :

9 fosses à tinette filtrante ;

4 fosses fixes ;

1 fosse à tinette non filtrante.

C’est là un des points faibles de Saint-Lazare qui, par ailleurs, est installé dans d’assez bonnes conditions d'hygiène. ù

Pour finir, nous ajouterons que Saint-Lazare contient la boulangerie centrale et l’économat central des prisons de la Seine. Un chemin de ronde très vaste entoure les locaux disciplinaires. Dans ce chemin de ronde sont plantés de beaux arbres et à l’extrémité se trouve un jardin très ombragé. On ne se croirait pas à Paris, ni dans une prison lorsqu'on se promène en cet endroit. D’ailleurs la prison Saint-Lazare n’est pas ce monument triste et désolé qui a subi tant d’attaques et qui fait la consternation des habitants du quartier : On y trouve quelques souvenirs archéologiques très intéressants, parmi lesquels nous citerons un vieux cadran solaire et une superbe rampe en fer forgé. Il y a également des souterrains mais qui ne sont pas entièrement déblayés. L'existence de ces souterrains préoccupait vivement certains communards ; ils croyaient que les sœurs Marie-Joseph, de Saint-Lazare, pouvaient, par cette voie, communiquer avec leur maison mère à Argenteuil. Est-il besoin de dire qu'il n’y avait rien de fondé dans celte croyance: Ce sont les ‘travaux de voirie qui avaient été exécutés pour les égouts à la fin de l’Empire qui avaient accrédité, dans le populaire, cette croyance à l'existence de nombreux passages souterrains sillonnant Paris. |

Le

: —21 — Ce n'est pas sans une certaine mélancolie que nous Songeons que bientôt peut-être la pioche des démolisseurs abattra ces vieilles pierres qui renferment tant de

souvenirs du passé pour les remplacer par de hautes maisons de rapport!

Le personnel médical. L'enseignement médical

A chacun des services dont nous avons parlé précédemment est attaché un médecin, mais, là encore, la séparation existe entre chacune des deux sections. A la première section, le chef de service est nommé au choix par le ministre de l’Intérieur, tandis que, pour la deuxième section il y a un concours. En outre de la visite des malades, le médecin de la première section a un rôle administratif assez considérable : il doit donner son avis sur l’opportunité du transfert des prisonnières et des certificats lui sont réclamés en maintes circonstances. Il est assisté par un interne. En cas d'absence ou de maladie du chef de service, il est remplacé par un des médecins adjoints nommés également au choix par le ministre. Il y a comme personnel subalterne une première panseuse qui est choisie parmi les condamnées et qui assure le service d’infirmière ; elle est aidée par des filles de service également prises parmi les condamnées.

Une décision ministérielle de janvier 1911 apporte une modification dans le service médical de la première section. À l’avenir il y aura deux services, l’un formé

uniquement des vénériennes et l’autre pour tous les autres cas. Il y aura donc un autre chef de service choisi également par le ministre.

Si le recrutement des médecins de la deuxième section se fait maintenant par voie de concours, il n’en a pas toujours été de même. Avant 1870, il n’y avait pour cette infirmerie que deux médecins choisis sur titres. Quelques années après leur nombre fut porté à trois. A ce moment,le mode de recrutement étant le même pour les deux sections, il leur était loisible de passer du service de la première section dans un service de la deuxième section, ce qui est impossible actuellement. Selon un vœu émis par la première commission pour la prophylaxie de la syphilis, un arrêté ministériel du 12 décembre 1888 institue le concours comme base de la nomination et crée deux nouveaux postes qui sont attribués à des thirurgiens. Avant que cette décision fut prise, on avait mené campagne pour que le principe du concours étant admis, ces postes fussent attribués à des médecins et chirurgiens du bureau central. Mais les autorités compétentes ne sont pas entrées dans ces vues et le concours est autonome et distinct de celui des hôpitaux.

Il y a donc maintenant trois médecins et deux chirurgiens titulaires, plus un médecin et un chirurgien adjoint, chargés des remplacements.

Chaque chef de service est assisté d’un interne. Les internes sont nommés au concours pour une période de deux ans. Cet état de choses n'existe que depuis la circulaire que nous venons de citer.Pour eux également, on aurait voulu qu'ils fussent pris parmi les internes des hôpitaux mais, là encore, c’est un concours spécial. Ces internes sont au nombre de six et, en outre de leur

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