‹ Saint Léon IX (1002-1054)Chapitre 12 sur 44 · I. Wibert, op, cit , Liv. I, ch. vi · texte numérisé non relu

I. Wibert, op, cit , Liv. I, ch. vi

a. Il faisait venir ce mot de /rre/i, aller, et de mann^ homme, tandis que, en réalité, il vient de svehr^ guerre, et de mann. Avec cette dernière étymologie, le jeu de mots eût été plus juste.

M ais la nature aimable de Brunon, son tact, sa docilité lui valurent bientôt la confiance du fougueux prélat. Il en profila tout d’abord pour essayer une réconciliation entre Tévêché et l’abbaye. Il avait à vaincre pour cela, quoi qu’on en ait dit, autre chose que la maligne influence de certains envieux ; saint Epvre s’était agrégé à la congrégation de Cluny et le prélat, très personnel, ne voyait pas sans impatience un monastère de son diocèse échapper a son influence. La besogne fut rude pour le médiateur; tantôt, il s’opposait comme un rempart, devant les religieux, au grand risque de recevoir les coups; tantôt, ne pouvant autre chose, il mêlait ses larmes aux leurs. Le chroniqueur ne nous dit point s’il réussit à autre chose qu’à les encouragera la patience.

Il fut plus heureux en ce qui concernait le chapitre : il est vrai qu’ici il ne se heurtait plus à d’intraitables préventions. Ce fut grâce h son activité et à sa vigilance, nous rapporte Wibert*, que la routine n’exerça point son œuvre néfaste. La règle canoniale et la dotation des prébendes furent maintenues telles qu’elles existaient sous l’épiscopat précédent : ce qui semble indiquer qu’il occupait déjà Tune des premières dignités du corps capitulaire.

Il s’élevait ainsi par son propre mérite, quand un événement se produisit, qui devait le mettre en relief ’ et précipiter sa fortune. L’empereur saint Henri II mourut, le i 4 juillet 1024, et Conrad, duc de Franconie, lui fut donné pour successeur. Or, Conrad, fils d’Adélaïde et petit-neveu du comte Hugues III, était le proche cousin des parents de Brunon, Hugues obtint donc facilement, pour son fils, une

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