‹ Saint Léon IX (1002-1054)Chapitre 16 sur 44 · Cantic.y v · texte numérisé non relu

Cantic.y v

ÉPISCOPAT A TOUL

Wibert*, était accompagnée de componction et de larmes, au point que, dans ses prières, comme au Saint-Sacrifice, son visage, sa poitrine même se trouvaient baignés de pleurs. Et, conclut-il, c'était par un tel holocauste qu'il s'immolait sans cesse en présence de la divine Majesté, sachant que le Seigneur a pour agréable l’ofirande d’un cœur contrit. »

Il avait un culte tout spécial envers* le chef des apôtres et, tous les ans, assure-t-on, il faisait le pèlerinage de Rome : ce qui nous surprend bien un peu, car, vu l'état des routes et la lenteur des moyens de transport, ces expéditions exigeaient une absence de plusieurs mois. Mais l’évêque était si actif que son diocèse n'en souffrait point; et, sur le tombeau de Pierre, dans cette ville trop souvent alors déchirée par le schisme et dévastée par des mercenaires, il puisait une nouvelle confiance dans la parole immortelle du Christ et une résolution plus énergique à soutenir le bon combat. Et la Providence le ramenait ainsi pour le faire connaître et apprécier et, sans que son humilité en pût avoir le moindre soupçon, pour lui préparer les voies.

Une année, il était parti de Lorraine avec plus de cinq cents clercs ou laïques : les charmes de son commerce et l’attrait de sa sainteté les avaient attachés à ses pas. Mais, au delà des monts, une contagion se déclara si cruelle parmi ses compagnons que nul, une fois atteint, n’espérait vivre jusqu’au lendemain. Brunon, extrêmement affligé, trouva dans sa foi le remède : il prit les reliques des saints qu’il portait

Page 1