‹ Saint Léon IX (1002-1054)Chapitre 23 sur 44 · Anselme, op, cil · texte numérisé non relu

Anselme, op, cil

adressa à cet auditoire, avide de le voir et de l’entendre, une paternelle allocution.

Cependant l’église s’était remplie et les pieux fidèles se promettaient bien de passer en ce lieu toute la nuit en prières. Mais les moines avaient à chanter leur office et ils étaient légion; la pompe des cérémonies réclamait de l’espace et du calme et les rites de la consécration exigent que l’édifice soit absolument vide. On pria donc la foule d’évacuer la basilique : elle s’y prêta de mauvaise grâce et il fallut la menacer de surseoir à la solennité. Et la nuit s’écoula en une veillée sainte ; le peuple campait sur l’esplanade et autour du monastère, éclairé de mille feux et chantant des cantiques ; tandis que les religieux, dans le sanctuaire étincelant de lumières, célébraient les matines de leur saint patron.

Le octobre, fête de saint Remi, Léon IX leva la châsse de l’apôtre des Francs, assisté des archevêques de Reims, de Trêves, de Lyon et de Besançon, de l’abbé de Saint-Remi et de Hugues, le successeur de saint Odilon, à Cluny; puis, se retirant dans un oratoire voisin, dédié à la Sainte-Trinité, il laissa le cortège sortir de l’église et se diriger vers la cathédrale, où les reliques devaient reposer pendant les cérémonies préliminaires de la consécration. Quand les portes s’ouvrirent, donnant issue à la procession, ce fut dans la foule, écrit un témoin*, un frémissement de joie ; quelques-uns battaient des mains ; un très grand nombre entonnaient les louanges du Seigneur; les puissants et les humbles, les nobles et les vilains rivalisaient d’ardeur pour voir de plus près les saintes reliques. Plusieurs furent écrasés,

Page 1