‹ Saint Léon IX (1002-1054)Chapitre 30 sur 44 · Anonyme de Bénévent^ cité par Brucker, op, cit.^ II, aSa · texte numérisé non relu

Anonyme de Bénévent^ cité par Brucker, op, cit.^ II, aSa

points de Tltalie méridionale vers le père commun des fidèles. Au dire de Bruno, de Segni, nombre d’Apuliens venaient à Rome, les yeux crevés, le nez coupé, les mains ou les pieds mutilés, témoins lamentables d'une affreuse barbarie. Et le cœur si bon, si compatissant du pontife saignait de toutes ces douleurs et de toutes ces angoisses. Il essaya d’abord de calmer Humfroy ; mais le frère de Drogon, d’une nature plus batailleuse et plus aventureuse, ne voulut point renoncer aux profits du pillage, aux charmes de la vengeance. La menace de l’excommunication ne sembla point l’émouvoir et le vicaire du Christ, ayant épuisé ses foudres spirituelles, n’eut plus d’espoir que dans les armes terrestres. Puisque les Normands abusaient de leur force, pour l’oppression du peuple chrétien et se montraient inaccessibles a tout sentiment d’humanité, à toute idée de justice et de réconciliation, il ne restait qu’à leur courir sus, à les bouter hors de l’Italie : la péninsule serait enfin délivrée de leurs violences et le patrimoine de saint Pierre serait moins inquiété.

Encore que les seuls intérêts de Bénévent l’eussent amplement autorisé à lever lui-même des soldats, Léon IX n’était point assez belliqueux, pour se donner le rôle de chef d’expédition. « J’entends l’Apôtre, écrivait-il*, proclamer que les princes ne portent point sans raison le glaive, mais qu’ils sont les ministres du Seigneur pour châtier l’iniquité. Ce fut donc aux princes qu’il voulut s’adresser. Guaymar sèmblait tout indiqué. Il avait une situation prééminente vis-à-vis de ces terribles hommes du Nord : une simple démonstration de sa part suffirait sans

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