‹ Saint Léon IX (1002-1054)Chapitre 36 sur 44 · I. Anonjmus Beneventensis^ dans Watterich, cii · texte numérisé non relu

I. Anonjmus Beneventensis^ dans Watterich, cii

était jonché de corps affreusement mutilés, irrécu* sables témoins d’une héroïque bravoure. Çà et là, se dressaient des monceaux plus considérables : ils marquaient les endroits oii les volontaires avaient résisté jusqu’à la mort. Et dans ces cadavres, le pape reconnaissait des parents, des compatriotes, des amis particulièrement chers : tous d’ailleurs n’étaientils point ses enfants ? Et, son CŒur se serrait angoissé. « Il allait, écrit un contemporain poussant des cris et des gémissements, répétant les noms de ceux qu’il avait le plus aimés, comme pour soulager son amère douleur; il eût souhaité ne point leur survivre. Une considération pourtant lui apportait quelque adoucissement : les oiseaux de proie avaient respecté les soldats tombés au service de l’Eglise : ne serait-ce point un signe que le Seigneur leur avait fait miséricorde? » Et, pendant qu’on inhumait tous ces corps dans une église abandonnée, il persévérait dans la prière et dans le jeûne, pour fléchir les rigueurs du souverain Juge et donner à tous, partisans et adversaires, un suprême témoi* gnage de paternelle affection*.

La nouvelle de la défaite se répandit bien vite.

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