‹ Saint Léon IX (1002-1054)Chapitre 43 sur 44 · Pour décider le problème : Ou est le berceau de Léon IX · texte numérisé non relu

Pour décider le problème : Ou est le berceau de Léon IX

question définitivement tranchée, en faveur du château du comte Louis, le père de la pieuse Heilwige. Mais, quel était ce château ? Walscheid, non sans quelques raisons, prétendait que c’était celui qui couronna jadis le Dürrenberg; le curé de cette paroisse, dès 1842, releva la petite chapelle et le pèlerin, dès lors, fut bien embarrassé devant ces deux sanctuaires, distants Tun de l’autre d’environ une lieue, et qui, tous deux, rappelaient la mémoire des premières années de Brunon. Il est vrai qu’une science, moins sûre que conciliante, faisait du château qui dominait Dabo le lieu de naissance, et, de l’oratoire du Dürrenberg, le témoin du baptême ou, au moins, d’une visite; d’autres prétendaient que le manoir de Walscheid était une pure légende; d’autres, que le château de Dagsbourg ne se dressait point encore sur son roc hardi.... mais de quoi n’est pas capable l’érudition aux abois?

La discussion pourtant n’était point épuisée. Il se rencontra des enfants d'Eguisheim qui promurent avec activité le culte de saint Léon IX et firent valoir avec intelligence les preuves qui militaient en faveur de leur cité. L’abbé François-Joseph Brucker, curé de Wattwiller, fit dresser, en 1880, sur la place, devant le château, au-dessus d’une fontaine monumentale, la statue du saint pontife. Mgr Stumpf, coadjuteur, puis évêque de Strasbourg, prépara et réalisa l’acquisition des ruines de l’antique donjon et poussa un autre de ses compatriotes, le Père Pierre Brucker, S. J., neveu du curé de Wattwiller, à se faire l’historien du grand pontife. Celui-ci s’essaya d’abord, en 1884, â établir la thèse d’Éguisheim, dans une plaquette écrite en français, sous le

pseudonyme du Père P. Dexen * : Oa est né le pape saint Léon IX \ puis, en dépit des objections de plusieurs et d'une polémique à loi suscitée, dans le journal VEsph'ancBy de Nancy, en i 884 , par l'abbé Kuchly, curé de Dabo*, il reprit et confirma ses conclusions, dans son grand ouvrage, édité à Strasbourg, par Le Roux, en 1889 : U Alsace et V Eglise, au temps de saint Léon IX [Bruno A Éguisheim). A son tour, il croyait le problème résolu : « Pour tout esprit indépendant, écrivait-il, la cause paraît jugée. Ce n'est pas nous qui la jugeons, c'est l'histoire »

Était-il aussi indépendant qu'il se le figurait, cet enfant d’Éguisheim? était-il autorisé à donner sa persuasion pour la voix même de l’histoire ? Un ancien tenant de la même opinion qui depuis avait étudié les arguments de la partie adverse, l’abbé Glœckler, curé de Stotzheini, se permit de le lui demander et, dans une brochure écrite en allemand : Geburtsort des Elsæsser Papstes sankt Léo IX^, et publiée à Strasbourg, eh 1892, il mit en valeur les titres que Dagsbourg avait à se prétendre le berceau du glorieux pontife et la réponse que lui opposa le Père Brucker, en 1898, sous ce titre : Le château (T Eguîsheim, berceau du pape saint Léon IX (Strasbourg, Le Roux), ne termina point encore victorieusement le débat.

Quoique les deux champions, dans un souci de

I. H'Exen, c’est-à-dire d’Éguisheim, pseudonyme significatif.

a. M. Kuchly est aujourd’hui curé-archiprêtre de Sarrebourg. Il a été de longues années député au Reichstag.

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