Wibert, op, cit,j 1. I, c. i
2 , Ps, cxxvii.
S’il faut en croire les chroniqueurs el les hagiographes, — toujours un peu suspects d’exclusivisme ou de complaisance à l’égard de leur héros — de ces enfants, le plus aimé était Brunon. Il était né, le 21 juin de l’an 1002, dans le doux pays d’Alsace*, et sa mère, quelque temps auparavant, l’esprit sans doute rempli de la méditation de l’Évangile et de la vie des Saints, avait vu en songe un personnage vêtu du froc monastique, lequel lui avait annoncé que le fils qu’elle allait donner à la terre serait grand devant le Seigneur et devrait porterie nom de Brunon. Pour être assez commun à cette époque, ce nom n’en restait pas moins suggestif : il évoquait chez Heilwige, comme heureux présage de l’avenir de son fils, le souvenir du grand Brunon, archevêque de Cologne et duc de Lorraine, qui était mort en g 6 S, après avoir fourni une féconde et brillante carrière et donné à l’Empire l’exemple des plus admirables vertus. Puis, chose étrange, relate Wibert*, notre principal témoin pour toute cette période, le corps du nouveau-né était constellé de petites croix ; le phénomène, au lieu d’effrayer ou d’inquiéter l’amour maternel, parut tout au contraire compléter la vision : ne serait-il point un autre Paul, celui qui pouvait dire avec l’Apôtre : « Je porte sur ma chair les stigmates du Seigneur Jésus? »
Avec quelle sollicitude ne dut-elle point veiller
1 . « Procreatus est in dulcîs Elisatiœ finibus » écrit Wibert (op, cit.^ 1, I, c. i), — C’est seul texte que nous ayons pour nous renseigner sur le lieu de naissance de notre saint. Dabo et Éguisheim l’invoquent en leur faveur. Je ferai plus loin (liv. II, dernier chapitre) l’histoire de cette polémique; ici, à dessein, je maintiens le terme vague du chroniqueur.