‹ Saint LouisChapitre 3 sur 5 · RES = DS · texte numérisé non relu

RES = DS

ÈS

Saint Louis portant la couronne d'épines,

SS

ES

par Ph. Magnier.

Bas-reliefs. Paris. Saint-Louis des Invalides.

par Van Clève,

défait à Taillebourg et à Saintes. Grâce à une énergie constamment égale à sa bonté et à sa justice, il aurait pacifié le dedans et le dehors, unissant à la plus profonde politique une décision et une rectitude qui amèneraient à son tribunal les plus célèbres causes du temps.

Dégagé de ses premiers périls, saint Louis put déployer les qualités de son règne. Notre but, en ces courtes pages, n'est pas de le raconter, mais de montrer le roi et le saint comme en un vitrail, s’il se peut dans sa couleur juste, entouré de ses attributs. Or, il se trouve que, de l’avis commun, saint Louis s’est défini lui-même dans l'instruction célèbre laissée à son fils pour inspirer son gouvernement.

« Beau fils, la première chose que je t'enseigne et commande à garder est que de tout ton cœur et sur toute chose tu aimes Dieu : car, sans ce, nul homme ne peut être sauvé. Et te garde bien de faire chose qui lui déplaise, à savoir péché... Si Dieu t'envoie adversité, reçois-le bénignement.… S'il te donne prospérité, si l’en remercie très humblement, et garde que pour cela tu ne sois pire, par orgueil ou autrement; car l’on ne doit pas guerroyer Dieu de ses dons qu'il nous fait... Sois tel que tes confesseurs, tes parents, tes familiers te puissent hardiment reprendre de ton mal et t’enseigner à bien faire. Aie le cœur doux et pitoyable

aux pauvres... Maintiens les bonnes coutumes de ton royaume et abaisse et corrige les mauvaises.

dl Yi

Saint Louis vénérant la couronne d’épines, par Charles Le Brun.

Garde-toi de trop grande convoitise et ne surcharge

pas de tailles ni de subsides ton peuple, si ce n’est par trop grande nécessité, pour ton royaume défendre... Fais droiture et justice à chacun, tant au pauvre qu'au riche. Et à tes serviteurs, sois loyal, libéral et ferme de parole, pour qu’ils te craignent et aiment comme leur maitre. Et si quelque controverse ou action s élève, enquiers-toi de la vérité, tant pour toi que contre toi. Si tu es averti d’avoir aucune chose d'autrui soit par toi soit par tes prédécesseurs, fais-la rendre incontinent. Regarde avec toute diligence comment les gens et sujets vivent en paix et en droiture sous toi, spécialement dans les bonnes villes et cités. Maintiens les franchises et libertés dans lesquelles tes anciens les ont maintenues et gardées, et les tiens en faveur et amour. (Garde-toi d'émouvoir guerre contre homme chrétien sans grand conseil et que autrement tu n'y puisses obvier. Et si quelque guerre il y a, protège les gens d'Église et ceux qui en rien ne t'auront fait de mal. Si guerre et débat il y a entre tes sujets, apaise-les au plus tôt que tu pourras. Prends garde souvent à tes baïllis, prévôts et autres officiers, et t’enquiers de leur gouvernement, afin que, s'il y a en eux à reprendre, tu le fasses... Et gardetoi bien que tu fasses, sur ta maison, dépense raisonnable et de mesure. »

« Et te supplie, mon enfant, que en ma fin tu aies de imoi souvenance, et de ma pauvre âme, et me secoures par messes, oraisons, prières, au-

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