LA GUERRE DES ALBIGEOIS ET SES GOX'SÉQUEXCES
Ce traité est un des grands faits de Fhistoire de France : non-seulement il mit fin à une longue guerre, mais il fut une réaction contre la croisade, dont il s'efforça d'effacer les traces. Simon de Montfort avait concédé une partie de$ domaines conquis à des croisés , à condition de suivre les coutumes de France, conformément à la célèbre ordonnance rendue àPamiers en 1211, qui avait été pour ainsi dire le code de la conquête. Le traité de 1229 annula toutes les concessions de ce genre qui avaient pu être faites dans les pays laissés à Raymond VU , et saint Louis tint la main à ce que cette clause fût rigoureusement exécutée *. Au mois de mai 123011 écrivit àTévéquede Cabors pour lui rappeler que les donations faites par Simon de Montfort étaient caduques, et que c'était à tort que certaines églises voulaient les retenir ^. RaymQud abandonna immédiatement à saint Louis le duché de Narbonne , les diocèses de Béziers, d'Agde, de Maguelone, de Niroes, d'Uzès et de Viviers, et la partie de l'Albigeois au sud du Tarn , pays dont il n'avait guère que la suzeraineté *. L'Église romaine eut pour sa part le comtat Venaissin ou marquisat de Provence, qui était un fief de l'Empire.
Un ai'licle du traité stipula que Raymond remettrait Jeanne, sa fille unique, au Roi , qui la donnerait en mariage à l'un de ses frères, avec le comté de Toulouse pour dot. Celte ricbe dot n'était exigible , il est vrai , qu'à la mort de Raymond VII; mais elle l'était même au cas où le
' Saint Loais délia les vassaux de Raymond VII du serment de fidélité qu'ils avaient prêté à lui saint Louis et k son père. Moret, 1229, Cartul. de Rajmond VII, JJ. XIX,nol62.
2 CaHul. de Raymond VII, JJ. XIX, n» 163.
^ C'est-à-dire sur ce qui était situé au delà du Tarn , sauf Alby, à charge de service de quarante chevaliers. Reg. XXX du Trésor des chartes, fol. 48 v«.
comte venant à se remarier aurait des fils légitimes. Si le gendre de Raymond mourait sans postérité , le Toulousain devait faire retour à la couronne. En uù root, le comte de Toulouse ne conserva que Fusufruit de son comté.