‹ Saint Louis et Alfonse de PoitiersChapitre 25 sur 82 · DEUXIÈME PARTIE. *- ADMINISTRATION LOCALE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. *- ADMINISTRATION LOCALE

gés fréquemment ' : les lettres qui les invest ssaient de leurs fonctions spécifiaient que ces fonctions ne dureraient qu'autant qu'il plairait au Roi ^ ; formule usitée sous saint Louis et sous Philippe le Bel dans les lettres de commission des baillis^, formule que l'on retrouve dans les actes émanés de la chancellerie du comte Alfonse.

Après la conquête , Philippe Auguste investit en 1204 Aimeri, vicomte de Thouars, de la charge de sénéchal de Poitou * ; un acte de la même année fait connaître quels étaient les droits du sénéchal. Il percevait sur le revenu des prévôtés cinquante sous par marc. Il n'avait apcun droit sur le produit des domaines qui n'étaient pas compris dans les prévôtés ni sur celui des bois. Il était tenu de lever sans indemnité les tailles extraordinaires sur les juifs et sur les chrétiens. Il avait le tiers des amendes et des

1 Voici la liste des sénéchaux anglais de Poitou que j'ai pu relever : Av. 1169, Radulpho de Faya, senescallo Pictavensi. Marchegay, Chartes de Fontcvrault concernant TAunis et la Rochelle , Bibl. de l'École des chartes, IV* série, t. IV, p. 131. —1199, Petro Bertino, senescallo Pictavensi. Charte de la reine Ëléonore, ibidem, p. 135. — 1199, Gaufrido de Cella, senescallo Pictavensi, ibidem, p. 338. — Sans date : Roberto de Tomeham, senescallo Pictavensi. Vers 1180, ibidem, p. 339. — Robcrio de If ontemirallo , senescallo Pictavensi; sans date, vers 1185, ibidem, p. 330. — 1207, Savarico de Malo-Leone, senescallo Pictavensi, Rotulus litterarum paUntium, p. 58. — 1S14, Hubertus de Burgo , Rotulus litterarum clau^ sarum, p. 179. — 1215, Reginaldusde Pontibus, Rotulus litterarum pa» tentium, p. 158 et 241, etc.

3 I Rex, comitibus, baronlbus, militibns, liberis hominibus et omnibus de Pictavia , salutem. Scialis nos commisisse dilecto et fideli nostro Gaufrido de Nevilla senescalciam nosiram Pictavensem quamdiu nobis placuerit, et ideo vobis mandamus quod ei tanquam senescallo Pictavensi in omnibus intendentes, etc. > Littere patentes , p. 145.

' Voyex Lettres de nomination de baillis sous Philippe le Bel. Reg. XLII do Trésor des chartes, n^ 15.

^ Martène, Thésaurus novus aneedotorum, t. I, p. 1043. Cet acte fut passé entre le 1» novembre 1203 et le 24 avril 1204. Conf. Delisle , Caia^ iogue des actes de Philippe Auguste, p. 180 , n» 79^.

services; il ne pouvait réclamer la garde des châteaux et des forteresses.

On voit que les droits du sénéchal étaient étendus; Philippe Auguste avait évidemment attribué au vicomte de Thouars les mêmes droits qui appartenaient au sénéchal anglais de Poitou : ce qui met ce fait hors de doute, c'est qu'il donna la sénéchaussée d'Anjou aux mêmes conditions à Guillaume des Roches'. Pour s'attacher le vicomte de Thouars y il rendit la sénéchaussée héréditaire dans sa famille; mais, en 1208, ce vicomte ayant embrassé le parti anglais, le Roi le dépouilla de la sénéchaussée et ne commit plus la faute de la concéder à titre héréditaire : il confia l'administration du Poitou à un agent révocable. Pendant la minorité d'Alfonse, le sénéchal de Poitou était, ainsi qu'on Ta vu, Hardouin de Maillé. Ce personnage fut, lors de l'avènement d'Alfonse, remplacé par Guillaume le Panetier et reçut à titre de dédommagement les importantes fonctions de châtelain de Niort'. Quant au vicomte de Thouars, alors existant, il revendiqua la sénéchaussée de Poitou que Philippe Auguste avait donnée à son père, mais ce fut en vain. Alfonse rejeta sa requête'. Le pays placé sous les ordres du sénéchal de Poitou s'appelait sénéchaussée ou baillie, baillivia. Alfonse le trouva divisé en plusieurs balllies; cette division subsista jusqu'en 1245. Ces baillies se subdivisaient en prévôtés.

Il y avait la baillie de Poitiers, renfermant les prévôtés

^ Ordonnances des rois de France, t. XI, p. 288. — Orig. Trésor des chartes, Dreux, no218.

2 Voici la preuve que Hardouin de Maillé devint châtelain de Niort, « summa denariorum quos castellanus >]iorti dominos Hardninus de Ualli tradiderat. Arch. de l'Emp., KK, 376, fol. 30.

3 Voyes la minute originale de cette requête. Trésor des chartes, J. 190, no76.

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de Poitiers, de Montreuil, de Monfmorillon et de SaiDt- Savin ^;

La baillie de Niort, où se trouvaient les prévôtés de Niort, de Frontenay, de Colon et de Prahec * ;

La baillie ou terre d'Aunis, ayant pour subdivision les prévôtés de Bénon , de Tonnay et de la Rochelle ^ ;

La baillie de Saintes ^.

Dans quelques textes, baillie est synonyme de prévôté. On rencontre aussi de petites baillies inféodées ^.

En résumé, Alfonse trouva le Poitou formant une sénéchaussée , divisée en baillies , qui elles-mêmes étaient divisées en prévôtés. Il simplifia cette organisation. Les confiscations qui furent la suite de la rébellion du comte de la Marche ayant considérablement agrandi ses domaines, il divisa ses possessions de l'ouest en deux grandes sénéchaussées : celle de Poitou et celle de Sainfonge ^; il sup-

1 t GompotuB Johannis de Galardon de baillivia Pictaveosi; — de ultimo lercio prepositure Pictavensi ; — idem pro primo tercio lerrarum forefactanim, de Monasteriolo, de Monte Maurilii, etc. i Arch. de l'Ëmp., KK. 376, M. 30 ?".

3 Baillivia Nyorti , de preposituris Nyorti pro primo tercio. Item de FroDteiudo, de Colons, de Prahec. Ibid,, fol. 12.

^ La terre d'Aunis était sous le gouvernement de G. Roaud. Gompotus W. Roaudi de terra Alnisii. Ihid., fol. 33.

^ Terra vel baillivia Xanctonensis, ibid., p. 35.

^ c Paganus Larcher, tune temporis Oleroni , super sacrosancta Evangelia joraverat quod ipte quando illius fuerit insuie ballivus, predictum redditam persolvet. i GbaHe de Savari de Mauléon, 1223. Bibl. de f École des chartes, iv« série, t. IV, p. 341. Or cette rente avait été assignée « de redditibus prepositure nostre Oleronis, ila quod quicumque prepositns 01eronis predictus decem libras, singulis annis reddet. i Ibid., p. 338.

> Arch. de FEmp., J. 307, n^ 61, fol. 10 v». C'est au terme de la Chandeleor que U baillie de Saintonge paraît pour la première fois , et le revenu de la baillie de Poitiers est diminué d'autant. Quant à la date de la prise de possession de Jean de Sours, elle est indiquée par la note suivante : « Anno 1255, circa quindenam Sancti Johannis, ivit d. Johannes de Sours in senesealcia Xanctonensi i . Ibid., fol. 92 r».

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prima les baillies. Il n'y eut donc plus que deux sénéchaussées et des prévôtés. La chàtellenie fut une subdivision purement militaire; d'ailleurs elle n'embrassait pas le territoire entier. La création de la sénéchaussée de Saintonge remonte au mois de juillet 1255.

A la tête des prévoies étaient des prévôts qui affermaient les produits du domaine et exerçaient la justice, faisaient la police et tous les autres actes d'administration. Je décrirai plus au long leurs fonctions quand je parlerai des bayles du Midi qui n'étaient autres que des prévôts , sous un nom différent.

En Auvergne, le magistrat supérieur s'appelait connétable ; il avait les mêmes attributions que les baillis et les sénéchaux des autres provinces \ Il peut paraître singulier de voir un titre militaire donné au gouverneur d'une province : voici comment ce fait s'explique. Après s'être emparé d'une partie de l'Auvergne, Philippe Auguste en avait confié la garde et la jouissance au sire de Bourbon : il ne s'agissait pas d'administrer mais bien de conserver une conquête. On ne le pouvait que par la force , aussi le sire de Bourbon fut-il surtout un chef militaire, bien qu'il réunît tous les pouvoirs. En 1230, la reine Blanche ôta au sire de Bourbon le gouvernement de l'Auvergne pour le confier à un agent qui fut appelé tantôt bailli, tantôt connétable *.

L'Auvergne n'était qualifiée ni bailliage ni sénéchaussée, mais simplement Terre d'Auvergne; elle était divisée en baylies {bajuliœ)^ nom que l'on donnait, ainsi que nous l'avons dit, aux prévôtés dans le Midi. La haute Auvergne,

^ Voyei dans les reg. A et B les lettres adressées à cet officier, et dans le registre I, 190, n^ 61, les enquêtes contre la conduite du connétable d* Auvergne en 1263.

3 Le titre de connétable finit par prévaloir.

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