DEUXIEME PARTIE. — ADMI\ISTRATIO\ LOCALE
éloignée du centre de l'admiDistralion , qui était à Riom y forma un petit bailliage connu sous le nom de Bailliage des Montagnes d'Auvergne et fut administrée par un bailli ou gardien ' .
Passons maintenant au Languedoc :
Alfonse respecta Tordre qu'il trouva établi dans cette province , et il fit bien , car l'organisation des provinces que lui laissa Raymond VII était identique à celle des domaines de la couronne, sauf quelques changements de noms. Les baillis du Midi s'appelaient sénéchaux : ils n'étaient pas héréditaires. Le plus ancien sénéchal des comtes de Toulouse connu figure dans un acte de l'année 1210. Le savant historien du Languedoc, Dom Vaissete, a cru que c'était le premier^. C'est là une simple conjecture. En effet, parce que les sénéchaux toulousains ne sont pas mentionnés dans les documents diplomatiques du douzième siècle qui nous sont parvenus, on ne doit pas révoquer en doute et nier leur existence. La plupart des grands officiers de la couronne, qui étaient des personnages importants, ne nous sont connus à cette même époque que par les souscriptions des chartes rédigées en leur présence où leurs titres sont indiqués. Or, au douzième siècle, la qualité des témoins est très-rarement jointe à leur nom dans les actes rédigés dans le Midi, et cet usage nous a privés de renseignements précieux '.
> Ballivas Montanamm Arvernie, 1269. Reg. A, fol. 49. — Gustos Montânaram. Trésor des chartes, J. 272, et Compte d'Éverard de Milleschamps , connétable d* Auvergne, 1266. Bibl. imp., n» 9019.
2 Vaissete, t. VI, p. 348. — M. Du Mége, ItistitutUms municipales de Toulouse, t. ni, p. 21, cite un sénéchal de Toulouse en 1200, Jean de Gopiac. Ce n'était qu'un bayle. Voyei Gatei, Comtes de Tholose, p. 33.
3 Vof ex les preuves de V Histoire de Languedoc, t. III à VI; les layettes de Toulouse au Trésor des chartes ; les preuves du premier volume de X Histoire de Nismes, de Ménard, etc., Tardif, Cartons des rois, etc.
140 LIVRE DEUXIÈME. — ADMINISTRATION GÉXfÉRALE.
L'analogie porte à croire que les comtes de Toulouse eurent aussi des sénéchaux avant 1210 '. Ils avaient sous les yeux l'exemple des rois d'Angleterre leurs voisins; on trouve même des sénéchaux en Languedoc au douzième siècle. En 1166, le vicomte de Béziers, Raymond Trencavel, confia par son testament, à un seigneur nommé Pierre de Brens, avec le titre de sénéchal, l'administration de l'Albigeois, et lui donna le pouvoir de nommer les agents qu'il voudrait ^
Ce qui est certain, c'est que dès les premières années du treizième siècle, les domaines des comtes de Toulouse étaient gouvernés par des agents supérieurs nommés sénéchaux, Dom Vaissete a cru qu'ils s'appelèrent baillis, ail parait, dit l'illustre bénédictin, que les comtes de Toulouse eurent en un certain temps des baillifs généraux dans le Toulousain et dans les autres païs qui leur étoient soumis, avant qu'ils y eussent establi des séneschaux; aussi trouvons-nous au commencement du treizième siècle Jourdain de Copiac et Etienne de Fenouillet qualifiez baillifs de Raymond VI, comte de Toulouse, i» Dans un acte de l'an 1203, plusieurs personnages sont qualifiés baillis et viguiers, et comme l'un d'eux, Raymond de Recalto, figure avec le titre de sénéchal dans un acte de l'an 1210, Dom Vaissete en a conclu qu'en 1203 il exerçait, sous le titre de bayle, les mêmes fonctions qu'il exerça plus tard sous celui de sénéchal. Je ne saurais admettre cette conclusion. En vain le savant bénédictin suppose que Raymond de Recalto était bailli général , il n'apporte aucune preuve à l'appui de cette assertion, qu'aucun texte ne saurait confirmer.
1 Voyei Vaissete, t. VI, p. 346 et soiv., note 18, sur les grands officiers de la maison des comtes de Toulouse.
3 Vaissete , t. IV, Preuves, ann. 1166.