‹ Saint Louis et Alfonse de PoitiersChapitre 5 sur 82 · L\ GUERRE DES ALMGEOIS ET SES CONSÉQUENCES · texte numérisé non relu

L\ GUERRE DES ALMGEOIS ET SES CONSÉQUENCES

des : celle de violence , termiDée en 1229 par le traité de Meaux qui mit fin à la croisade; celle de réparation et d'apaisement sous saint Louis et sous Alfonse de Poitiers. Au commencement du treizième siècle, la plus grande partie des provinces méridionales obéissaient à la puissante maison de Saint-Gilles, qui semblait devoir prendre dans le Midi le rôle que la royauté capétienne s'apprêtait à jouer dans le Nord. Elle avait absorbé la plupart des grands fiefs avec lesquels elle s'était trouvée en contact. Au comté de Toulouse, elle joignait le domaine direct du duché de Narbonne, du Quercy, du Rouergue, de l'Agenais, de l'Albigeois, de la vicomte de Nimes, du comtat Venaissin; les vicomtes de Béziers et de Carcassonne, les comtes de Foix , les seigneurs de Montpellier reconnaissaient sa suzeraineté. Tous ces pays avaient les mêmes lois, les mêmes mœurs, la même langue; on se demande pourquoi ils n'auraient pas formé, sinon une nationalité, du moins une monarchie nouvelle, et pourquoi les comtes de Toulouse n'auraient pas ceint la couronne royale. L'Espagne n'était-elle pas divisée en plusieurs royaumes , dont l'un , celui d'Aragon , était vassal du roi de France pour le comté de Barcelone? Mais non, cette civilisation méridionale , qui de loin jette tant d'éclat , n'était qu'une vaine apparence. La puissance des comtes de Toulouse était illusoire. Us avaient de vastes domaines , une suzeraineté étendue ; mais tout cela était incohérent , et n'avait pas même de nom; car on appelait Provence au commencement du treizième siècle non-seulement la province que nous désignons ainsi , mais encore le comté de Toulouse ' . . Les comtes de Toulouse étaient entourés d'ennemis

1 Voy. Ménard, Hist. de Nismes, t. II, notes, p. i; — Vaissefc, t. V, p. 323, et t. VI, p. 37; — Gatel, CowUet de Tholose, p. 9 et 3.

qui les menaçaient constamment, les rois d'Angleterre, ducs de Guyenne, et les rois d'Aragon. Ces derniers débordaient de ce côté des Pyrénées; ils possédaient de nombreuses seigneuries en France , Montpellier, Cariât, Milhaud , etc. Une branche de la maison de Barcelone avait la Provence, que Raymond V essaya en vain de lui enlever à l'aide des Génois , auxquels il avait promis de céder Afarseille ^ Les Raymond avaient dans leurs propres vassaux des ennemis intérieurs toujours prêts à les trahir et à se liguer contre eux avec l'étranger. Le père de Raymond Roger, de ce malheureux vicomte de Béziers , que Simon de Montfort dépouilla dès le début de la croisade, donna bien du souci à ce même Raymond V, son beau-père, et passa une partie de sa vie à lui faire la guerre; et notez que c'était un homme à craindre, car il exerçait sa suzeraineté sur de nombreuses seigneuries, les vicomtes de Béziers et de Carcassonne, le Rasés, AIbi, le Lauraguais, le Minervois, le Termenez, etc.

A l'égard de ces dangereux voisins les comtes de Toulouse tinrent une conduite habile , mais non exempte de duplicité, analogue à celle qui permit plus tard à la maison de Savoie de conserver son indépendance et de s'étendre. Ils cherchèrent des appuis dans des alliances matrimoniales , mais sans se porter longtemps du même côté. C'est une curieuse histoire que celle des mariages de ces princes : ils divorcent à chaque instant, et la politique donne la clef de cette inconstance. Nous ne remonterons pas à Raymond V, qui divorça avec Constance , sœur du roi Louis VU. Raymond VI épousa d'abord , étant simple héritier présomptif, Ermesende de Pelet, riche veuve, qui

' Voyez le traité important conclu entre Raymond V et les Génois , publié par M. Roschach , dans les Mémoires de l' Académie impériale des sciences de Toulouse, année 1866.

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