‹ Saint Louis et les croisadesChapitre 116 sur 138 · LA CATHÉDRALE DE VIENNE · texte numérisé non relu

LA CATHÉDRALE DE VIENNE

D'après une photographie.

PHILIPPE LE BEL. 575

plis, puisque le roi de France Philippe, présent au concile, lui avait sérieusement promis par une lettre ( qui fut lue sur-le-champ en plein concile) de prendre la croix dans l'espace d'une année, avec ses enfants, ses frères, et un grand nombre de seigneurs de ses États et d'autres royaumes, afin de se mettre en route aux calendes du mois de mai prochain pour aller au secours de la Terre Sainte, où il resterait six ans. En cas que la mort ou quelque autre légitime obstacle empêchât le roi de faire ce voyage, son fils aîné s'obligeait à l'accomplir fidèlement. En considération de cette promesse et par une pieuse affection, les prélats accordèrent au roi les dîmes pour six ans. Le souverain pontife et le saint concile approuvèrent la dévotion du roi et la concession de la dîme, et ainsi se termina cette session.

Avant la dissolution du concile, on tint diverses délibérations sur l'usage qu'on devait faire des biens confisqués à l'ordre des Templiers : les uns conseillaient de fonder un ordre nouveau et de le doter de ces biens ; les autres émettaient un avis différent. Le siège apostolique régla enfin, du consentement des rois et des prélats, que ces biens seraient entièrement dévolus aux frères de l'Hôpital, afin d'accroître leurs forces pour recouvrer ou secourir la Terre Sainte; mais au contraire, comme il parut dans la suite, ces biens ne servirent qu'à les corrompre davantage. Quant aux personnes des Templiers encore subsistants, on ne conclut rien à cet égard. On s'occupa quelque peu de certaines affaires concernant l'Etat ou la réformation de l'Eglise universelle, troisième motif de la convocation du concile; mais, quoique le pape eût demandé plusieurs fois avec instances, aux prélats et autres hommes importants, qu'on statuât à ce sujet avant la dissolution du concile, et quoiqu'il eût lui-même, dit-on, publié quelques décrétales concernant cette question, cependant on n'en promulgua rien publiquement dans ce concile ; tout fut entièrement remis et abandonné à la décision du siège apostolique.

L'affaire des Templiers n'était pas encore complètement finie. Le grand maître de l'ordre ^ et trois autres Templiers, à savoir le visiteur de l'ordre en France et les maîtres d'Aquitaine et de

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