MESSIRE JEAN DE HAINAULT VINT TROUVER LA REINE
Composition d'E. Zier.
PHILIPPE LE BEL
Monnaie d'Edouard III, roi d'Angleterre'.
Saint-Aymon. Ils s'y logèrent et s'y rafraîchirent pendant trois jours. Et firent prendre soin de leurs chevaux bien et fort, car ils pensaient bien en avoir prochainement affaire.
Les nouvelles de l'arrivée de la reine se répandirent bientôt par tout le pays : si s'approchèrent au plus tôt qu'ils purent les seigneurs d'Angleterre qui voulaient venir vers elle et vers son fils, afin de le prendre pour seigneur. Le comte Henri de Lancastre, fils de celui qui avait été décollé, y vint tout le premier avec une grande compagnie de gens d'armes, et après tant vinrent d'écus et d'autres comtes, barons, chevaliers et écuyers avec tant de gens d'armes, qu'il leur sembla bien être hors de tout péril, et aussi prirent leur chemin vers Bristol, où se tenait le roi avec les Despenser. Le roi et messire Hugues le Despenser fils
étaient dans le château, mais le vieux messire Hugues et le comte d'Arundel étaient dans la ville. Quand les hommes de Bristol virent que la reine venait contre eux à si grande puissance, ils envoyèrent pour traiter et parlementer avec elle et son conseil, qui ne voulurent rien accorder, à moins que la dame ne pût disposer à son gré de monseigneur Hugues et du comte d'Arundel, et les gens de la ville y consentirent : en sorte que les portes de Bristol furent ouvertes, et la reine et les siens s'y logèrent tout à leur aise, assiégeant le château du plus près qu'ils purent.
Alors la reine fit mener monseigneur Hugues le Despenser le vieux et le comte d'Arundel devant son fils aîné et tous les barons qui là se tenaient, et leur dit qu'elle et son fils leur feraient droit et les jugeraient selon leurs faits et leurs œuvres. A quoi répondit messire Hugues: «Ah! Dieu nous veuille donner bon juge et bon jugement, et, si nous ne pouvons les avoir dans ce siècle-ci, qu'il nous les donne dans l'autre ! » Alors se leva mes-
I. EDWARD D G REX ANGL FRANC D HYB. Buste couronné de face. Au revers, LONDON CIVITAS. POSVI DEVM ADIVTOREM MEV. Croix coupant la légende.
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sire Thomas Wage , bon chevalier, sage et courtois, qui était sénéchal de l'armée, et lui raconta tous leurs faits par écrit, et se tourna ensuite vers un vieux chevalier afin qu'il rapportât sans fausseté ce que méritaient de telles personnes, par jugement, après de tels faits. Le chevalier tint conseil des autres barons et chevaliers, et rapporta par pleine sentence qu'ils avaient bien mérité la mort; ainsi fut justice faite en l'an de grâce 1326, et autant de messire Hugues le Despenser le fils, quand il fut pris en une. barque comme il cherchait à se sauver. Le roi était avec lui, qui fut remis au seigneur du château de Berkley, sur la grosse rivière de Severn, afin qu'il en fît bonne garde, et s'accordèrent la plus saine partie, et même les grands barons et nobles du royaume avec les conseils des bonnes villes, à déclarer qu'un tel homme n'était pas digne de porter la couronne ni le nom de roi. Ainsi fut couronné sur-le-champ son fils aîné au lieu de son père, pourvu qu'il prît autour de lui bons conseillers, sages et de confiance, afin que le royaume et le pays fussent mieux gouvernés qu'ils auraient été. Le père devait être bien gardé et convenablement maintenu selon son état tant qu'il pourrait vivre : ce qui ne fut guère longtemps.
Chevaliers se rendant au tournoi.
D'après une miniature d'environ 1320.
Philippe de Valois recevant hommage d'un livre. ( Bibliothèque nationale, Ms. fr. , n" 9629. )