‹ Saint Louis et les croisadesChapitre 125 sur 138 · Philippine de Hainaut · texte numérisé non relu

Philippine de Hainaut

il leur serait répondu de manière à les satisfaire. Ce qui fut dit fut fait, et lui conseillé que vraiment, par Fordonnance et sous le sceau de ses prédécesseurs, rois d'Angleterre et ducs d'Aquitaine, il devait foi, hommage et loyauté au roi de France. Si furent les messagers de France en la Chambre du Conseil. Alors Févêque de Londres parla ainsi pour le roi:« Seigneurs, qui êtes ici envoyés par le roi de France, vous êtes les bienvenus. Nous avons ouï vos paroles et lu vos lettres, et bien examiné selon notre pouvoir. Nous conseillons monseigneur qui ici est d'aller en France voir ledit roi son cousin, qui le mande amiablement, afin qu'il s'acquitte de foi et hommage et fasse son devoir, car vraiment y est-il tenu. Si retournez en France, et dites au roi votre seigneur que notre sire le roi d'Angleterre passera bientôt par devers lui, et fera ce qu'il doit faire sans nulle difficulté. » Ce dont le roi Philippe se contenta grandement quand il ouït ces nouvelles, et dit que volontiers verrait son cousin le roi d'Angleterre, car il ne Favait jamais vu.

Alors fut conseillé le roi de France de recevoir le roi d'Angleterre son cousin dans la bonne cité d'Amiens, et fit là faire des provisions grandes et grosses, et préparer salles, chambres et hôtels, pour recevoir lui et tous ses gens, le roi de Bohême son cousin, et le roi Louis de Navarre, qu'il avait mandés, et le duc de Bretagne, le duc de Bourgogne, le duc de Bourbon, pour lesquels princes on comptait plus de trois mille chevaux, et le roi d'Angleterre avec six cents chevaux. Et envoya le roi Philippe son connétable, avec grand foison de chevaliers, au-devant du roi Edouard jusqu'à Montreuil-sur-Mer, et là eurent lieu grandes reconnaissances et témoignages d'amour. Ensuite chevaucha le jeune roi d'Angleterre en la compagnie du connétable de France jusqu'à la cité d'Amiens, où le roi Philippe était appareillé et prêt pour le recevoir, avec si grand foison de princes et seigneurs, que merveille ce serait à raconter. Si le roi Philippe reçut grandement et honorablement le roi d'Angleterre son cousin, ce ne fut pas à demander, et aussi firent de même tous les rois, les ducs et les comtes qui là étaient. Et furent tous ces seigneurs dans la cité d'Amiens jusqu'à quinze jours.

• Là furent maintes paroles dites et ordonnances devisées. Et là le roi Edouard d'Angleterre fit hommage de bouche et de parole

seulement, sans mettre les mains entre les mains du roi de France', au prince et prélat député par lui. Et ne voulut pas le roi d'Angleterre procéder plus avant audit hommage, jusqu'à ce qu'il fut retourné en Angleterre et eût vu, lu et examiné les privilèges de jadis, qui devaient éclaircir ledit hommage et montrer comment et de quoi le roi d'Angleterre devait être l'homme du roi de France. Le roi de France, qui voyait le roi d'Angleterre son cousin jeune, entendit bien toutes les paroles et ne le voulut de rien presser, car il savait bien qu'il y reviendrait quand il voudrait, et il dit : « Mon cousin, nous ne vous voulons pas tromper , et ce que vous en avez fait à présent nous satisfait jusqu'à ce que vous vous soyez informé, par les actes de vos prédécesseurs, de ce que vous devez faire. » Le roi d'Angleterre répondit : « Cher sire, grand merci. »

Et ne s'écoula guère de temps après que le jeune roi Edouard d'Angleterre fut retourné dans son royaume, sans que le roi Philippe lui envoyât gens de son plus particulier conseil pour assister aux avis qui se tenaient sur l'hommage que lui devait le roi d'Angleterre pour ce qu'il tenait en Aquitaine et dont il était appelé duc. Et y séjournèrent longuement, sans obtenir de réponse ; toutefois finalement le roi d'Angleterre fut conseillé de reconnaître par lettres patentes, scellées de son grand sceau, l'hommage lige qu'il devait au roi de France, et fit le roi Philippe porter ces lettres à sa chancellerie et mettre en garde par précaution pour des temps à venir, et déjà murmuraient plusieurs en Angleterre que leur sire était plus prochain de l'héritage de France que le roi Philippe; mais le roi d'Angleterre et ses conseillers ignoraient toutes ces choses.

Cependant le roi Philippe, au sujet d'un procès touchant le

Monnaie de Philippe VI -.

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