‹ Saint Louis et les croisadesChapitre 2 sur 138 · Vie de Louis le Grox, par Suger · texte numérisé non relu

Vie de Louis le Grox, par Suger

plaisirs de l'enfance, pour lesquels elle a coutume de négliger l'instruction et la science des armes. A peine associé aux charges de la royauté, il se trouva obligé de se battre contre l'illustre roi des Anglais, Guillaume', fils de Guillaume plus illustre encore; ce prince, devenu maître du duché de Normandie parle départ de son frère Robert pour Jérusalem, cherchait par tous les moyens à étendre les limites qui touchaient au royaume de France

On disait même généralement qu'orgueilleux et ambitieux le roi Guillaume aspirait au trône de France, parce que le jeune et déjà renommé Louis était le seul fils que son père eût eu de sa très vertueuse épouse -, sœur de Robert, comte de Flandre. Il avait bien encore deux autres fils, Philippe et Florus ; mais ils étaient nés de Bertrade, comtesse d'Anjou, donnée pour belle-mère au prince Louis du vivant de sa mère, et nul ne faisait entrer en ligne de compte

leurs droits à la succession que dans le cas où, par un malheur quelconque, le premier fils unique viendrait à mourir. Cependant, comme il n'est ni juste ni naturel que les Français soient soumis aux Anglais, ni môme que les Anglais le soient aux Français, l'événement trompa cet indigne espoir. Après avoir, en effet, par cette folle idée, tourmenté lui et les siens pendant trois ans et plus, ne pouvant réussir au gré de ses désirs avec l'aide des Anglais, ni même des Français qu'il avait contraints de lui prêter foi et hommage, le roi Guillaume renonça à son entreprise. Il retourna en Angleterre, où il s'abandonna tout entier à ses caprices et à la débauche ; mais un certain jour qu'il se livrait au plaisir de

Sceau de Guillaume II dit le Roux.

(Archives nationales, n" 9990.)

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