‹ Saint Louis et les croisadesChapitre 31 sur 138 · I. Vie de Philippe-Auguste, par Rigord · texte numérisé non relu

I. Vie de Philippe-Auguste, par Rigord

que le roi leur avait confiée. Le comte de Flandre fit transmettre par leur médiation ces paroles au roi : « Seigneur, calmez votre indignation contre nous; venez vers nous avec des intentions pacifiques, et disposez selon votre bon plaisir des volontés de votre serviteur. Mon seigneur et mon roi, la terre que vous réclamez, c'est-à-dire le Vermandois, avec tous les châteaux et les villages de sa dépendance, vous sera remise en entier librement et sans aucun retard. Cependant, si tel était le bon plaisir de Votre Majesté Royale, je désirerais que votre munificence me laissât, ma vie

Monnaie de Guillaume, archevêque de Reims'.

Monnaie de Philippe-Auguste. (Péronne-. )

durant, les villes de Saint-Quentin et de Péronne à titre de présent royal, en vous réservant, pour vous ou pour vos héritiers au royaume de France, le droit de les reprendre après ma mort, sans aucune contestation. »

Aussitôt le roi très chrétien convoqua tous les archevêques, évoques, abbés, comtes et barons qui s'étaient rangés d'un accord unanime dans son parti pour dompter la fierté et pour humilier l'orgueil de son ennemi. Il les consulta donc et ils répondirent tous, comme d'une voix, qu'il fallait accepter les propositions du. comte de Flandre. Après cette décision, on introduisit le comte de Flandre, qui, en présence de tous les princes et de la foule assemblée, rendit, selon toute justice, au roi Philippe le Vermandois, qu'il retenait injustement depuis si longtemps. Aussitôt après cette renonciation publique, il mit le roi en possession de sa terre, s'engageant encore sous la foi du serment à réparer en entier et sans délai, selon la volonté et les ordres du roi, tous les dommages qu'il avait pu causer à Baudouin,

1. ARCHIEPISCOPVS. Dans le champ, GVLERMVS en deux lignes. Au revers, REMIS CIVITAS. Croix cantonnée de deux croissants et de deux lis. — Billon, denier.

2. PHILIPVS REX. Dans le champ, FRANCO en deux lignes. Au revers, PERONNE. Croix. — Billon, denier.

PÎISTOIRE DE FRANCE.

comte de Hainaut, et aux autres alliés de Philippe. C'est ainsi que la paix se trouva rétablie comme par miracle entre ce roi et le comte, puisqu'elle fut conclue sans effusion de sang. Aussi tous les peuples, remplis d'allégresse, louaient et bénissaient le Dieu qui protège tous ceux qui espèrent en lui.

Ce fut la même année qu'une contestation s'éleva entre Philippe, roi très chrétien, et Henri, roi d'Angleterre. Philippe exigeait de Richard, fils du roi d'Angleterre et comte de Poitiers, l'hommage de tout le Poitou : ce que Richard, d'après les instructions secrètes de son père, différait de jour en jour. En outre, Philippe réclamait au roi d'Angleterre le château de Gisors et autres châteaux adjacents que Marguerite, sa sœur, avait reçus pour dot du roi Louis, son père, quand elle épousa l'illustre Henri \ fils d'Henri le Grand. D'après les conditions stipulées, le roi Henri devait posséder cette dot pendant sa vie et la transmettre après lui à ses héritiers si la reine lui donnait un fils. Si, au contraire, Marguerite ne laissait point d'enfants, à la mort du roi Henri la dot retournerait sans contestation au roi de France. Or le roi Henri était mort peu de temps après avoir pris place sur le trône et n'avait point laissé d'enfant; le roi d'Angleterre avait été plusieurs fois cité à ce sujet, mais il avait toujours eu l'art d'inventer quelque empêchement pour différer de comparaître en jugement

Sceau de Guillaume, archevêque de Reims. (Archives nationales, n° 6343.)

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