‹ Saint Louis et les croisadesChapitre 39 sur 138 · ïstiac Comnène · texte numérisé non relu

ïstiac Comnène

de juillet, les païens remirent donc aux mains de nos rois et seigneurs la ville d'Acre avec leurs armes, leurs munitions et des provisions de bouche abondantes. Les peuples chrétiens, à leur entrée dans la ville, versaient des larmes de joie; ils élevaient leurs mains vers le ciel et s'écriaient à haute voix : « Béni soit le Seigneur, notre Dieu ! qui a regardé en pitié nos travaux et nos peines, et humilié sous nos pieds les ennemis de la sainte croix avec leurs forces et leur courage dont ils étaient si fiers. » Les chrétiens se partagèrent entre eux les vivres qu'on trouva dans la place. Tous les captifs furent réservés pour les rois, qui en firent un partage égal. Le roi des Français céda sa part au duc de Bourgogne ; il lui laissa aussi une grande quantité d'or et d'argent avec des provisions considérables ; il lui confia en même temps le commandement de toutes ses armées, car il était alors attaqué d'une maladie très grave, et d'ailleurs il avait de violents soupçons contre le roi d'Angleterre, qui envoyait secrètement courriers sur courriers à Saladin et échangeait des présents avec son ennemi. Philippe appela donc ses seigneurs à un conseil intime, régla les affaires de l'armée et prit congé des siens. Alors, et après beaucoup de pleurs, se confiant aux vents et à la mer, il partit avec trois galères seulement, qu'un Génois, nommé Roux de Volta, lui avait procurées. Dieu voulut qu'il abordât sur les côtes de la Fouille, Là, après avoir recouvré quelque peu de santé, quoique bien faible encore, il se mit en voyage, passa par la ville de Rome, visita le temple des apôtres, reçut la bénédiction de Célestin, pontife romain, et rentra en France vers le temps de la Nativité du Seigneur.

Plusieurs mois s'étaient écoulés, et l'iniquité des chrétiens ne faisait que s'accroître , lorsque le roi Philippe reçut à Pontoise des lettres d'outre-mer où on l'avertissait que le perfide Richard, roi d'Angleterre, faisait envoyer en France des Arsacides ^ pour lui arracher la vie; ils venaient, en effet, d'assassiner en Terre Sainte un marquis % parent du roi, brave chevalier qui avait signalé, dans ce pays, son courage et sa puissance avant l'arrivée des deux rois. A la lecture de ces lettres, Philippe, enflammé de

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